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3 poètes à découvrir à l’occasion de la journée mondiale de la langue arabe

La journée mondiale de la langue arabe est une journée internationale des Nations unies qui célèbre la langue arabe le 18 décembre de chaque année. Cette date commémore la reconnaissance de l'arabe comme langue officielle des Nations unies par l'Assemblée générale, le 18 décembre 1973. À cette occasion, KAWA vous propose de partir à la rencontre de 3 des meilleurs ambassadeurs d’une langue qu’on puisse trouver : les poètes.

Gibran Khalil Gibran

Né le 6 janvier 1883 à Bcharré (dans le Liban actuel) et mort le 10 avril 1931 à New York, est un poète libanais d’expression arabe et anglaise (qui aurait aussi parlé couramment le français), et un artiste peintre. Il séjourna en Europe et passa la majeure partie de sa vie aux États-Unis. Il est l’auteur de multiples œuvres mais son recueil de textes poétiques en anglais The Prophet (« Le Prophète » en français), publié en 1923, devint particulièrement populaire pendant les années 1960 dans le courant de la contre-culture et des mouvements « New Age ». Son œuvre poétique le fit même comparer à un certain William Blake. Il est sans doute le plus connu des poètes arabes modernes, ses œuvres étant aujourd’hui enseignées dans les écoles de différents pays du monde arabe.

Extrait : Votre ami est celui qui répond à vos besoins. Il est le champ que vous ensemencez avec amour et moissonnez avec reconnaissance. Et il est votre table et votre foyer. Car vous venez à lui avec votre faim, et vous le recherchez pour obtenir la paix.

Nizar Kabbani

Né le 21 mars 1923 à Al-Chaghour à Damas, Syrie et mort le 30 avril 1998, à Londres, Grande-Bretagne, il est considéré comme l’un des plus grands poètes contemporains de langue arabe. Son oeuvre casse l’image traditionnelle de la femme arabe et invente un langage nouveau, proche de la langue parlée et riche de nombreuses images empruntées au monde de l’enfance. La femme a été la source principale de son inspiration poétique à cause du suicide de sa sœur. Parmi ses oeuvres phares, on retrouve principalement « la brune m’a dit », « l’odeur du jasmin de Damas » ou encore « la jeunesse d’un sein ».

Extrait : Je porte le temps brûlé dans mes yeux et je voyage vers vous. Je porte Beyrouth, poème poignardé, sur la paume de ma main et je présente son corps à tous comme le témoignage d’une époque arabe qui fait profession d’assassiner les poèmes.

Naguib Mahfouz

Né en Egypte en 1911, Naguib Mahfouz deviendra, plusieurs décennies plus tard, le premier arabe à recevoir le prix Nobel de littérature (1988). Considéré comme le père fondateur du roman arabe moderne, notamment grâce à un incroyable mélange des codes du roman européen et la subtilité de la langue arabe. Au fil de plus de cinquante romans et recueils de nouvelles, il décrit sa société pendant près d’un siècle. La Trilogie du Caire rédigée dans les années 50 comprend notamment « l’Impasse des deux palais », « le Palais du désir », « le Jardin du passé ».

Extrait : C’est ainsi qu’il tomba amoureux. Il l’aima pour ses deux grands yeux clairs, son regard doux et candide, et la légèreté de son être. Il l’aima parce que ses rêves – et le rêve était son seul refuge, la seule chose qu’il possédait vraiment – la lui représentaient à tout instant, parce qu’atteignant la quarantaine, il se retrouvait assoiffé, haletant d’amour, et que la soif qui n’est pas étanchée est la source même du rêve.