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A la découverte de “Negus”, l’exposition de Yasiin Bey

Le Golfe accueille pour la première fois l’exposition audiovisuelle “Negus”, entièrement créée par le rappeur américain Mos Def, que l’on connaît aujourd’hui mieux sous le patronyme Yasiin Bey. Mais il ne faut pas s’y méprendre : dans les galeries d’art, c’est bien le nouvel album du rappeur que les fans iront découvrir, le tout dans le cadre d’une expérience … immersive !

Il serait mentir de dire que nous n’avions pas été intrigués lorsque, il a tout juste deux ans, Yasiin Bey a annoncé que son tout dernier album ne serait disponible ni en physique, ni en digital, mais bien uniquement dans des installations artistiques, qui seraient progressivement mises en place à travers le monde entier.

Enregistré à Londres en 2015, et produit par quelques talentueux hommes de l’ombre du Hip-Hop tels que Lord Tusk, Steven Julien et ACyde, est conçu comme une “expérience d’écoute immersive”. Ok. Mais alors, comment fait-on pour s’immerger davantage qu’en mettant un casque et en fermant les yeux ?

Une expérience immersive

D’abord, en se séparant de son téléphone. Le précieux objet, aujourd’hui devenu la continuité du bras fort d’un très – trop? – grand pourcentage de la population, reste sous scellé durant tout le temps passé au sein de l’exposition, sans doute afin d’atteindre un niveau de concentration nécessaire à l’atteinte du nirvana lors de l’écoute de Dream Study, Day Trippers ou encore Hemp.

Depuis son lancement début 2019 au Art Basel de Hong Kong, l’exposition, baptisée “Negus” comme le titre du projet, est passée par Marrakech, ou encore New York avant de poser ses valises au Moyen-Orient.

Une recette qui fait mouche

La formule reste inchangée : de la musique de qualité, accompagnée d’oeuvres d’art triées sur le volet par l’artiste lui-même, parmi les anciens pensionnaires de la galerie The Third Line à Dubaï, tels que Nima Nabavi, Laleh Khorramian, Ala Ebtekar ou encore Anuar Khalifi. Des multiples et complexes suspensions triangulaires à des toiles représentant le cosmos, tout est fait pour que la musique soit transcendée par ces supports visuels inspirés.

En outre, une grande projection vidéo d’images tente de représenter au mieux les opinions du rappeur originaire de Brooklyn, mais pour celles et ceux qui ne sont pas très sensibles au symbolisme, un écran plus petit montre son livre de paroles « Negus », où il a écrit avec des marqueurs et des crayons de couleur : “Vas-y, reste au top, rêve, mais concentre-toi”. Bey compterait-t-il se recycler dans le développement personnel ?