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A la plume, au pinceau, au crayon: les dessins du monde arabe s’exposent à l’IMA

A gauche : Nagham Hodaifa (Syrie, 1981), Shéhérazade, 2010. Technique mixte sur papier, 17,8 x 14 cm. A droite : Hani Zurob (Palestine, 1976), Most of your Fear is in your Head, 2018. Gouache et collage sur papier 65 x 49,5 cm.

Du 26 mars au 15 septembre 2019, l’Institut du monde arabe accueille A la plume, au pinceau, au crayon: dessins du monde arabe, une exposition sur le dessin en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. L’occasion de découvrir cet art, son histoire et ses codes dans la région.

Cette année, l’Institut du monde arabe monte une exposition sur le dessin dans le monde arabe: A la plume, au pinceau, au crayon: dessins du monde arabe, du 26 mars au 15 septembre 2019.

Le dessin, une pratique millénaire dans le monde arabe

Au fil de cette exposition se déployant sur trois niveaux de l’Institut du monde arabe, le visiteur découvre que le dessin possède un ancrage millénaire au sein de la région. Un art qui s’est développé dès le IXe siècle, en parallèle de l’essor du livre et du papier, support de prédilection de l’expression de la pensée religieuse, littéraire mais surtout scientifique arabe. Les premières représentations figuratives sont ainsi repérées dans les manuels d’astronomie, de médecine ou de pharmacie et le soin apporté à l’écriture des textes coraniques contribuent à la naissance de la calligraphie et de l’enluminure.

Georges Bahgory (Egypte, 1932), Asilah carnet de dessins exécutés au Maroc en 1981, mine de plomb et gouache sur papier, 27 x 21 cm (page).

Mais dans une société où le statut d’artiste n’existe pas, contrairement à l’Europe de la Renaissance, les artisans ne se contentent pas d’utiliser le dessin figuratif ou ornemental uniquement dans les livres, utilisant également une palette variée de supports comme le bois, les tissus ou l’email. L’exposition se concentre néanmoins sur les productions qui ont lieu sur le papier et sur la toile, qu’elles soient décoratives ou expressionnistes, traditionnelles ou modernes.

A gauche : Mahjoub Ben Bella (Algérie, 1946), 2009. Technique mixte sur papier Népal, 88 x 68 cm. Au milieu : Gouider Triki (Tunisie, 1949), 1987, technique mixte sur papier, 83 x 57,2 cm. A droite : Zeinab Abdel Hamid (Egypte, 1919-2002), 1965. Aquarelle sur papier, 64 x 49 cm.

Illustrations, calligraphie et naturalisme

Le premier niveau de l’exposition présente une sélection de dessins figuratifs issus de l’époque Fatimide en Egypte ou d’autres extraits de textes mythologiques célèbres dans le monde arabo-musulman comme un feuillet issu du Shâh Nâme, un poème épique sur les rois de l’Iran. On peut y observer les codes picturaux typiques de l’époque, comme l’absence totale de perspectives où les scènes décrites se retrouvent toutes au même plan.

Au deuxième étage, on trouve un ensemble d’oeuvres aussi qui s’interrogent sur la condition de l’homme et sa place dans la création à travers le travail d’artistes comme Hani Zurib ou Abadallah Benanteur… Mais surtout douze compositions à l’encre mêlant calligraphie et scènes inspirées de Dia Al Azzawi par des poèmes préislamiques typiques de la culture bédouine  d’Arabie que l’on appelle Mu’alllaqat (les “suspendues”) et qui auraient été suspendues à la Ka’ba de la Mecque. Au même niveau, on peut admirer une installation monumentale de Kervork Mourad, un artiste syrien d’origine arménienne qui explore l’écriture, le tissage et l’architecture de Palmyre dans une évocation symbolique de sa patrie sur grands morceaux de papier suspendus. Enfin, le dernier espace présente des œuvres inspirées de la calligraphie et des dessins sur d’autres supports que la toile.

A gauche : Chafik Abboud (Liban, 1926-2004), Adieu Gentilly, 1977. Tempera sur carton 26 x 29 cm. A droite : Assadour (Liban, 1943), Figure, 2003. Gouache sur papier 38 x 28 cm.

Un événement qui fait voyager à un art ancien qui n’a cessé d’accompagner l’histoire de la région, évoluant au rythme de ces changements politiques et sociaux.