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A Vivatech, les start-ups arabes à l’assaut des investisseurs

Coup d’envoi de VivaTech 2019 aujourd’hui. Comme chaque année, start-uppers et leaders du globe se donnent rendez-vous dans ce salon mondial dédié à la technologie et à l’innovation. Aujourd’hui plus qu’hier, le monde arabe, par sa présence au salon, réaffirme son intérêt pour le secteur de l’innovation et expose son savoir-faire.

Entrepreneurs, leaders, investisseurs, aficionados de la tech et autres curieux… Tous attendaient ce moment depuis des mois. Ce jeudi 16 mai, le salon VivaTechnology 2019 leur a ouvert ses portes pour trois jours d’expositions, conférences, ateliers et autres démonstrations autour de la technologie et de l’innovation.

Comme chaque année, l’Arab Tech, ses start-ups et ses représentants y ont pris leurs quartiers, preuve de l’intérêt du monde arabe pour les technologies qui façonneront le monde de demain, et preuve surtout de la présence de forces vives de la région dans un secteur grandement dominé par les Etats-Unis, l’Europe, ou encore l’Asie du Sud-Est.

“Attaquer des marchés”

Anis Sahbani compte parmi ces forces-là. Ce quarantenaire originaire de Tunisie a fondé Enova Robotics, « la première start-up en Afrique qui fabrique sa propre marque de robots ». « Enova Robotics est essentiellement connue pour son robot de sécurité », explique-t-il. Son robot à succès, il le décrit comme « un rondier ». Il calcule seul sa trajectoire sur une zone donnée, fait sa ronde équipé de caméras thermiques et d’enregistreurs, repère les comportements anormaux et envoie toutes les informations récoltées à un poste de commande.

Anis Sahbani
Anis Sahbani

Ancien professeur à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris, Anis s’est lancé dans cette aventure par amour du risque mais aussi pour “développer de la technologie en Afrique”. A VivaTech, l’entrepreneur espère « rencontrer des investisseurs pour attaquer de nouveaux marchés » après une levée de fonds record en Tunisie de 1,5 million d’euros.

« Un environnement de développement compétitif »

Comme lui, Mahmoud Abdulaziz est à la chasse aux investisseurs à Paris. PDG de DevisionX, une start-up cairote spécialisée dans le deep learning et la vision industrielle, cet Egyptien d’une trentaine d’année aux allures de premier de la classe considère VivaTech comme « une étape pour l’expansion » de son entreprise.

Mahmoud Abdulaziz
Mahmoud Abdulaziz

Il espère, ici, « créer des partenariats avec des grands groupes comme Vinci » et leur « exposer [ses] innovations et [ses] solutions ». « Nous sommes 100 millions d’habitants en Egypte, nous avons beaucoup d’ingénieurs et de talents dans la tech, et un environnement de développement très compétitif. Le défi, désormais c’est de trouver des fonds et des investisseurs », explique-t-il.

« Atteindre nos buts et aspirations »

Cette mission c’est justement celle d’organisations comme la fondation saoudienne MiSK. Présente à VivaTech, avec une délégation de start-ups saoudiennes, l’institution, très influente en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, offre aux quelques jeunes entrepreneurs saoudiens qu’elle sponsorise à Paris, l’opportunité de briller à l’international. « Ramener des jeunes Saoudiens et leurs startups et les exposer aux opportunités de partenariats ou investissements représente un gros bénéfice pour eux, explique Deemah AlYahya, directrice générale de MiSK Innovation, la branche de la fondation chargée de la promotion de l’innovation. Nous ne pouvons pas atteindre nos buts et aspirations sans ces partenariats. »

 

L’initiative est en tout cas saluée par plusieu

Deemah AlYahya
Deemah AlYahya

rs observateurs, notamment l’Américain Jonathan Ortmans, président du Global Entrepreneurship Network, un organisme qui connecte les entrepreneurs dans le monde. « Au Moyen-Orient et en Arabie saoudite il y a tellement d’atouts et de potentiel, insiste-t-il. En Arabie saoudite, des institutions comme MiSK, Monshaat et les universités comme KAUST ont tendu la main au monde, écouté, observé pour savoir comment libérer le pouvoir de l’innovation”. Reste à espérer que l’innovation arabe trouve désormais un écho en Occident…