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Abou Leila, le cinéma algérien a de beaux jours devant lui.

En ce moment dans les salles françaises, les cinéphiles ont le loisir d’aller voir Abou Leila. Récit d’une traque à l’ambiance noire et paranoïaque, le film est signé Amin Sidi Boumédiène, une première pour le jeune réalisateur de 38 ans.

La relève du cinéma algérien ? Il n’est peut-être pas trop tôt pour le dire, si l’on considère l’accueil reçu par le film à l’occasion du festival de Cannes 2019, le dernier à avoir eu lieu en version physique, où il figurait au programme de la semaine de la critique.

Long métrage algérien réalisé par Amin Sidi-Boumédiène, dont c’est le premier film, il s’agit d’un thriller psychologique dont l’action se passe majoritairement avec pour toile de fond le désert du Sahara.

 

En filigrane, les heures sombres de l’Algérie.

Après un meutre brutal en plein Alger, l’action suit deux hommes sur les traces de l’assassin, un dangereux terroriste qui récidive à plusieurs reprises. On apprend pendant le film que le récit prend place en 1994, en plein coeur de la “décennie noire”, où la guerre civile fait rage et le climat d’insécurité est à son paroxysme, notamment à cause de nombreux enlèvements.

Ainsi, le film met en scène Lofti, interprété par Lyes Salem, qu’on ne présente plus, épaulé par un acolyte dont on ignore le nom, incarné à l’écran par Slimane Benouari. Les deux protagonistes s’engagent dans une traque à l’ambiance noire et paranoïaque, une quête de vengeance agrémentée de visions cauchemardesques presque hallucinatoires du second personnage, qui donne une dimension onirique au rendu. Le tout avec un seul but en tête, vague et nébuleux : Abou Leila.