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AlUla, cet inestimable joyau que l’Arabie saoudite polit

Avec l'ouverture de l’Arabie saoudite au tourisme, AlUla devient l’une des principales attractions du royaume. Trésor naturel, architectural et archéologique, la région est devenue le porte-étendard de la politique touristique du pays et le tourisme un catalyseur économique et social pour un district longtemps oublié.

C’est le joyau sur lequel mise l’Arabie saoudite en marge de son ouverture au tourisme. Ce joyau, c’est AlUla, une oasis de la province de Médine au nord-ouest du royaume. 22 561 km² de dunes de sable et de grès, parsemés de palmiers, de monts, et de rochers dantesques. Un terrain de jeu rêvé pour les amateurs de raids désertiques. Un havre de paix pour les aficionados de paysages sauvages.

« Merveille d’Arabie »

« C’est un endroit qui est extrêmement minéral, avec de la lave qui a coulé partout, c’était plus beau que je n’imaginais. » Yann Artus-Bertrand a survolé la région, il y a quelques mois, pour tourner des images commandées par la Royal Commission of AlUla (RCU), l’organisme chargé de la promotion de l’oasis. Ses vidéos sont aujourd’hui exposées à l’Institut du monde arabe, dans le cadre de l’exposition « AlUla, merveille d’Arabie », lancée pour promouvoir la région. « Ce qui m’a intéressé surtout, c’est tout ce vert extraordinaire qu’il y a entre les rochers », complète le réalisateur.

Dans cet écrin de vert, de roches et de sable, AlUla recèle d’autres trésors, archéologiques eux. Mada’in Saleh en est sans doute le plus poli. Ancienne ville nabatéenne, la cité s’étend sur quelques 52 hectares abritant plusieurs vestiges et plus d’une centaine de tombeaux datant du IVe siècle avant J.-C. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le site est aujourd’hui au centre d’un des projets de développement touristique les plus ambitieux de la région.

La France aux manettes

Un projet dont la France a pris les commandes au côté de l’Arabie saoudite en avril 2018. « On est en train de co-construire différents projets avec eux (la RCU, ndlr), dans tous les domaines », insiste Jean-François Charnier, directeur scientifique de l’Agence française pour AlUla (Af-Alula), l’institution gouvernementale française chargée d’épauler la RCU dans le développement touristique d’AlUla. « Dans le domaine culturel, par exemple, nous avons commencé à définir ensemble à la fois des missions archéologiques importantes pour l’écriture de l’histoire d’AlUla, mais aussi un programme muséal ambitieux qui s’appelle Constellations avec six étoiles, six musées qui vont être dans le paysage d’AlUla. »

L’apport français ne se limite pas à l’archéologie. Af-Alula travaille également sur l’agriculture, l’aménagement urbain mais aussi l’agenda culturel de la région avec « des initiatives dans le domaine de l’art contemporain, des résidences d’artistes, des galeries avec un programme d’exposition innovant et aussi, certainement, des commandes à de grands artistes internationaux », comme le rappelle Jean-François Charnier.

Une destination touristique unique

Un patrimoine civilisationnel inestimable, un cadre idyllique… Le tout dans un pays qui s’ouvre à peine au tourisme non-religieux. La région a tout de la nouvelle destination phare du Moyen-Orient. Gérard Mestrallet, ancien président d’Engie et aujourd’hui président exécutif d’Af-AlUla, en est d’ailleurs persuadé : « AlUla a un potentiel de destination touristique vraiment unique. »

Au-delà de la manne financière que représente le flux touristique escompté pour un Etat saoudien en quête de diversification économique, le développement d’AlUla est aussi une aubaine pour une région longtemps oubliée. L’emploi et la formation des locaux, notamment dans le secteur du tourisme, y constituent l’un des principaux chevaux de bataille de la RCU. « Nous avons 500 locaux qui ont été envoyés aux quatre coins du monde avec des bourses d’études, nous avons 2500 hamayas, des citoyens locaux qui font partie d’un programme de protection de la nature, les fermiers ouvrent leurs maisons pour les transformer en fermes AirBnb », s’exclame Amr Al-Madani, PDG de la RCU. D’après des chiffres obtenus par Arab News, le district d’AlUla afficherait aujourd’hui un taux de chômage de -2%, traduisant ainsi un manque de main-d’oeuvre. Bref, AlUla a tout d’une success story.