Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

L’Arabie saoudite privatise ses aéroports

L'aéroport de Djeddah © Esther Dyson

L'aéroport de Djeddah © Esther Dyson

Pour réduire les dépenses de l’Etat, le gouvernement saoudien accélère les privatisations dans le transport aérien. En 2018, tous les aéroports du Royaume devraient être engagés dans ce processus.

La quarantaine d’aéroports internationaux et nationaux saoudiens devraient, cette année, passer sous la houlette d’investisseur privés, comme prédit par l’Autorité générale de l’aviation civile saoudienne (GACA).

Des privatisations amorcées il y a deux ans

Ce plan, déjà annoncé en 2015  et engagé au premier trimestre de l’année 2016, devait s’ouvrir avec la privatisation de l’aéroport international du Roi Khaled (RUH). Avec une fréquentation annuelle qui avoisine les 22,5 millions de passagers en 2016, l’aéroport international de Riyad est le second d’Arabie saoudite en terme de flux de passagers, après l’aéroport international de Djeddah.

Premier aéroport à passer le cap de la privatisation, une partie de son capital devrait bientôt être ouvert au public, sous la direction de la banque d’investissement Goldman Sachs. Chacun des aéroports présents sur le sol saoudien passera ainsi sous contrôle du holding de l’Aviation Civile saoudienne, qui devrait à son tour être opéré par le Fonds souverain saoudien (Public Investment Fund).

Soulager le budget de l’Etat

En 2017, avec l’accélération des réformes économiques du plan Vision 2030, le gouvernement a annoncé que l’ensemble des aéroports du pays seraient privatisés d’ici la fin de l’année. Ces privatisations, dont la vocation première consiste à réduire les dépenses de l’Etat, participeront avec d’autres secteurs à alléger les dépenses de l’Etat de 200 milliards de dollars au cours des prochaines années. Mais l’entrée du privé dans le transport aérien doit également permettre de perfectionner le service aux passagers dans chacun des aéroports.

Plusieurs acteurs internationaux privés ont d’ores et déjà été choisis pour opérer certains aéroports saoudiens : ainsi, l’Autorité des Aéroports de Dublin a été chargée de la gestion du terminal 5 de l’aéroport international King Khalid (Djeddah), tandis que la société singapourienne Changi Airports International opérera le nouvel aéroport de Djeddah à compter du 2ème semestre 2018.

Un nouveau Ministre des Transports

Pour accompagner cette transformation, un nouveau ministre des Transports a été désigné au début du mois d’octobre au sein du gouvernement saoudien. Nommé par décret royal, Nabeel Al-Amoudi, ancien directeur de l’Autorité portuaire saoudienne, remplace ainsi Sulaiman Al-Hamdan, qui prend quant à lui la tête du ministère de la Fonction publique.

Ingénieur de formation, il arrive à la tête d’un ministère en pleine effervescence, boosté par cette série de privatisations et l’arrivée de nouveaux acteurs privés. Un nouvel appel d’air pour le transport aérien saoudien, qui entend atteindre les 100 millions de passagers annuels d’ici 2020.