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Arabie saoudite: tourisme et divertissement, nouveaux fers de lance de l’économie ?

Préparer “l’après-pétrole” est l’un des chevaux de bataille du Prince héritier Mohammed Ben Salmane, ainsi qu’une des finalités du plan Vision 2030, à l’origine de nombreuses réformes dans le royaume. Au vu des discours entendus lors du MiSk Global Forum 2019, le tourisme et le divertissement sont au coeur de cette stratégie et ont vocation à devenir des fers de lance de l’économie saoudienne.

Le regard résolument tourné vers l’avenir, l’Arabie saoudite ne compte plus le nombre de projets de développement en cours sur son territoire. Entre tourisme, divertissement, histoire, archéologie, projets urbains, le royaume est indéniablement en ébullition.

Ce n’est certainement pas John Pagano, PDG de la Red Sea Development Company, qui dira le contraire. Ce “superprojet” d’aménagement du territoire visant à créer une luxueuse offre touristique sur la côte occidentale du pays, représente une incroyable opportunité de développement. « Le tourisme est un secteur économique très important, il représente plus de 10 % du PIB mondial et emploie 1 personne sur 10 dans le monde. En Arabie saoudite aujourd’hui, le tourisme n’en représente que 3,4 %, de sorte qu’il existe un énorme potentiel de croissance dans ce secteur. Pour les jeunes de ce pays, nous allons créer des infrastructures touristiques où nous espérons accueillir 100 000 000 de visiteurs par an. Cela va créer un besoin de plus d’un million d’emplois”. Quelqu’un a dit colossal ?

John Pagano, PDG de la Red Sea Development Company

Le tourisme comme moteur de l’économie

La côte et l’archipel – magnifiques – concernés ne sont d’ailleurs pas les seuls atouts que le royaume va sortir de sa manche, explique Gérard Mestrallet, Président de l’agence française pour AlUla, qui est peut-être la région saoudienne la plus prometteuse en terme de développement touristique. Autour d’un projet déjà très abouti, axé sur l’archéologie, l’histoire, la nature, et même l’humain, le chef d’entreprise entretient de grands espoirs, le tout s’appuyant sur la volonté du dirigeant du pays. “Il est prévu dans la Vision 2030 du prince héritier que le tourisme puisse représenter en 2030 10% du PNB. 10 %, cela va représenter 100 milliards de dollards pour une activité naissante”, détaille-t-il, rappelant l’effervescence omniprésente dans le pays.

Le divertissement, cette mine d’or encore peu exploitée

L’ouverture du pays n’est pas seulement touristique. Les foules présentes au MGF sont on ne peut plus caractéristiques du désir des saoudiens de s’ouvrir au monde, notamment par le biais du divertissement. Il n’en faut pour seul témoin que le succès rencontré par Mario Centola, PDG du promoteur de parcs d’attraction Six Flags, actuellement à la tête d’un projet d’ouverture de parc dans le cadre de Qiddiyah, ce mégaprojet de divertissement qui doit être mis en place à Riyad. “Ce sera le premier Six Flags du Moyen-Orient, je crois que le timing est parfait, nous pouvons déjà ressentir le changement. Nous comptons employer entre 800 et 1000 personnes, dans une industrie naissante.”, explique le dirigeant,soulignant les opportunités ouvertes à la population locale.

Mario Centola, PDG, Six Flags

Ce n’est certainement pas Shinji Shimizu, producteur auprès de l’historique firme de développement de l’animation japonaise TOEI (et responsable de nombreux projets à succès, comme Interstella 5555), qui dira le contraire, lui qui : “pense que l’Arabie saoudite fera des miracles dans le domaine de l’animation, et dans l’industrie du manga, en particulier depuis qu’elle croit davantage en ses capacités”. Le fleurissement des projets ne fait que commencer…