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Ash Man, le tout premier super-héros koweïtien !

Les cinémas des pays du Golfe étaient pleins en ce début septembre pour jouer le tout nouveau film de super-héros du Koweït, intitulé Ash Man : une comédie familiale aux accents loufoques et au peps assuré ! Une production pleine de rebondissements qui a réjoui les spectateurs et suscité un petit triomphe.

Un super-héros pas comme les autres

Alors que les super-héros dont nous avons l’habitude de suivre les péripéties sont souvent des jeunes hommes célibataires entretenant un physique de rêve et combattant le mal sans même transpirer, Ash Man c’est Bachar, père de deux filles, la quarantaine, au ventre bedonnant. Il se querelle avec sa femme, accompagne ses filles à leurs activités extrascolaires, travaille au sein d’un ministère, un quotidien absolument ordinaire.

La source de ses pouvoirs ne vient pas d’un insecte radioactif l’ayant piqué par mégarde, ou d’une pierre magique, mais d’un plat très apprécié au Koweït appelé communément ash (cendre en anglais), une soupe à base d’haricots rouges, de lentilles, de pois chiches et d’autres épices orientales, soupe contaminée par l’étrange potion d’un scientifique.

Un personnage principal et un super-héros plus drôle que la moyenne donc, et plus attachant car on peut s’y identifier plus facilement. Le personnage de Bachar lui-même assure déjà le comique de caractère.

Armé de ses nouveaux pouvoirs magiques conférés par la soupe Ash, Bachar, rebaptisé Ash Man, se voit doté d’une force surnaturelle, du don de maîtriser l’électricité et de voler bien sûr !

 

 

Une grande première au Koweït

Plusieurs éléments de fond et de forme font d’Ash Man un film sortant de l’ordinaire dans les productions koweïtiennes, et lui ont conféré un succès indiscutable.

Sur le fond, notre super-héros se rapproche plus d’un anti-héros comme expliqué précédemment : il ne présente pas les caractéristiques principales et communes du super-héros américain par excellence, ce qui donne un tout autre ton au récit.
Le film d’autre part, a pour cible principale la famille, ce qui est très bien exécuté : en effet, les piques d’humour sont très bien orientées vers le public conséquent, puisqu’il y a plusieurs niveaux de compréhension.

Sur la forme, on peut simplement évoquer que la science-fiction n’est pas un genre par le cinéma Koweïtien : les dernières réalisations connues sont rares et anciennes. La décision de rebondir sur ce genre de film a donc été un challenge, qui a été très bien relevé.

Aussi, bien que l’esprit américain soit encore assez marqué (dans les discours, ou les portraits des méchants…), on ressent une réelle volonté de casser les codes et les stéréotypes concernant les pays du Golfe, et surtout la volonté d’intégrer la culture et le patrimoine au cœur du scénario : par exemple, une des armes du héros est un “habban”, qui est une sorte de cornemuse traditionnelle.

Un beau progrès pour le cinéma Koweïtien, qui se révélera peut-être encore plus dans le futur.

 

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