Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

Banque Islamique de Développement : un pilier pour le développement des pays musulmans

Banque Islamique de Développement de Djeddah

Le siège de la Banque Islamique de Développement (Djeddah). Crédits : Chuck Moravec on flickr

Créée à l’initiative du roi Faisal en 1975, la Banque Islamique de Développement œuvre depuis plus de 40 ans au développement économique et social de ses 57 pays membres. Retour sur le cœur de mission de la banque mondiale des pays musulmans.

Dépendante de l’Organisation de la coopération islamique, la Banque Islamique de Développement constitue l’une des cinq entités du groupe BID. Engagée pour la dignité des populations, elle investit et participe au développement infrastructurel et social dans plusieurs dizaines de pays. Son fonctionnement, relativement proche des autres organismes financiers de développement, est basé sur les principes de la finance islamique, elle-même régie par la loi islamique.

Dans les faits, cela signifie que les financements de la BID reposent sur différents prêts sans intérêts – prohibés par la religion. Parmi ces derniers, on peut citer les sukuks, certificats d’investissement conformes à la recommandation religieuse du Coran, et particulièrement appréciés ces dernières années.

Une action globale

Depuis sa création en 1974 et le début de ses activités dans la ville saoudienne de Djeddah en 1974, la Banque Islamique de Développement a investi plus 124,3 milliards de dollars. En 2016, ce ne sont pas moins de 12 milliards de dollars d’accords de financement qui ont été signés, répartis en quatre grandes régions :

Répartition des ressources par région pour l’année 2016

Afrique subsaharienne Europe et Asie Centrale Moyen-Orient et Afrique du Nord Asie et Amérique latine
Montant alloué (en $) 3 089 milliards 3 085 milliards 3 047 milliards 2 772 milliards
en % 25,3 25,3 25,0 22,7

Composée de 56 États membres jusqu’en mai 2016, la communauté de la Banque Islamique de Développement a été rejointe par la République de Guyane lors du 41ème rendez-vous annuel de la BID, à Jakarta.

La République de Guyane fait partie de la communauté de la Banque Islamique de Développement depuis mai 2016, ce qui en fait le 57ème membre.

Top 5 des pays de financements par pays (2016)

Rang Pays Montant des financements reçus en 2016 en $ Part du total des financements
1 Turquie 1,7 milliard 13,5%
2 Indonésie 995,3 millions 8,2%
3 Pakistan 950,5 millions 7,8%
4 Égypte 942,2 millions 7,7%
5 Turkmenistan 700 millions 5,7%

Un impact durable pour les populations

Si la Banque Islamique de Développement investit dans des secteurs divers, elle affirme cependant sa volonté de mettre l’accent sur les investissements infrastructurels. En 2016, pas moins de 67,8% des financements de la BID ont été alloués à des projets liés au développement d’infrastructures, qu’il s’agisse de l’accès à l’eau, du transport, de l’énergie, de l’industrie ou encore des télécommunications. Un chiffre en baisse par rapport à 2015 (78,4% des accords de financement), mais toujours très important dans la répartition des ressources de l’organisation.

banque islamique de développement

Tournée vers l’Afrique

Historiquement très axées sur la région du Moyen-Orient, les activités de la Banque Islamique de Développement se tournent chaque année davantage vers le continent africain. Après y avoir investi près de 5 milliards de dollars entre 2008 et 2012, la BID compte y allouer une plus grande part de ses ressources, qui devraient à terme représenter 33% de son portefeuille global. Une stratégie plutôt bien accueillie par les gouvernements africains, de plus en plus confrontés à la nécessité de trouver de nouveaux modes de financement alternatif.

En juillet 2017, le nouveau président saoudien de la BID, le Dr Bandar Al Hajjar, effectuera sa première visite en Afrique subsaharienne, en Côte d’Ivoire. L’occasion de revoir les opportunités d’investissement dans le pays, notamment dans le secteur des énergies renouvelables.