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“Beirut 6:07” : des courts métrages pour ne pas oublier

Quinze réalisateurs libanais ont lancé une série de courts métrages, pour raconter quinze histoires autour de l’incident dramatique qui a frappé Beyrouth début août. L’occasion de revenir sur ces événements tragiques, à travers le regard de celles et ceux qui l’ont vécu en première ligne.

Le projet s’appelle “Beirut 6:07”, en référence à l’heure à laquelle l’explosion a dévasté la ville. C’est, entre autres, le réalisateur libanais Mazen Fayad, qui vit et travaille à Beyrouth,
qui a aidé à faire démarrer le projet. Pour lui, faire ces films est “un devoir afin de ne pas oublier”, autant qu’une “thérapie”.

 

Quinze histoires, quinze visions

Dans la série de quinze films, diffusée depuis ce weekend sur Shahid VIP, la plateforme de streaming du réseau MBC, on en retrouve de types et d’horizons différents. Celui de Mazen Fayad s’appelle Abbas et Fadel, et c’est une histoire familiale, axée sur les aventures d’un père et son fils, qui s’inspire d’événements réels.

 

 

Un autre court métrage de la série est 175, réalisé par Caroline Labaki, soeur de la réalisatrice Nadine, à qui l’on doit notamment l’excellent Capharnaüm. Il suit une équipe de pompiers qui ont réagi les premiers à la catastrophe.

 

Une thérapie créative

Les deux réalisateurs ont vu leurs vies chamboulées par la catastrophe, leurs propriétés endommagées, et leurs souvenirs menacés de disparition. « La dévastation avant même que j’arrive à la maison, je ne peux pas la décrire. Ce n’est pas parce que je me soucie de la chose matérielle, mais quelque part vous avez toute votre vie dans votre maison. C’est dans cette maison que Nadine et moi avons commencé à travailler ensemble. C’est ici que le film de Nadine, Caramel, a été réalisé. C’est ici que j’ai commencé à vivre seul quand Nadine s’est mariée. Tous ces souvenirs sont bien présents ».

 

 

Trop tôt ?

La série reçoit de vives critiques relatives à la temporalité, de la part de personnes qui trouvent indécent de publier si tôt après le drame des contenus relatifs à ce dernier. Critiques auxquelles Fayad répond : « Nous ne devons pas oublier. Nous devons en parler. Cela fait partie de notre guérison. Nous avons le consentement de toutes les familles dont nous racontons l’histoire. Ils nous ont remerciés d’avoir honoré leurs proches et immortalisé leur mémoire, alors ma conscience est claire car notre cœur est à la bonne place ».

On espère que les films seront rendus accessibles au plus grand nombre rapidement…