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Biennale de Venise : Le Pavillon libanais ouvre ses portes au grand public

Pour la première fois dans l’histoire de la Biennale d’architecture de Venise, le Liban présente son propre pavillon en proposant l’exposition The Place That Remains, recounting the unbuilt territory (La place qu’il reste, raconter le territoire non-bâti). Et c’est vendredi dernier que ce lieu d’exposition a été dévoilé au grand public!

Réalisé par l’architecte et curatrice franco-libanaise Hala Wardé, ce pavillon libanais qui représentera le pays pour la première fois lors de la biennale de Venise, a été inauguré fièrement ce vendredi en présence d’une centaine de personnalités du monde de l’art et de l’architecture, ainsi que d’institutionnels dont la ministre de la Culture des Émirats arabes unis Noura al-Kaabi. 

Une grande première dans l’histoire architecturale du Liban 

Il s’agit là d’une grande première dans l’histoire du pays, cette participation étant notamment le résultat d’un concours national organisé conjointement par le ministère de la Culture et l’ordre des ingénieurs et architectes libanais.

« Merci d’avoir fait en sorte que ce pavillon existe. Vous avez travaillé très dur pour amener le Liban à Venise, en dépit de toutes les difficultés. Le fait même de réaliser cela et de montrer au monde la beauté et le talent qui peuvent émaner de Beyrouth, malgré tout, est en soi un acte de poésie. Merci pour cela », a déclaré le commissaire général de cette 17e édition de la Biennale, l’architecte Hashim Sarkis lors de la cérémonie. 

Seize oliviers millénaires

L’objectif de l’architecte dans la construction de ce bâtiment était clair : imaginer des formes représentant des lieux de silence et de recueillement afin de rendre hommage à cet état meurtri par les événements du passé … 

« Il est à mon sens une condition pour s’entendre ou vivre avec l’autre, la pandémie nous l’a d’ailleurs durement rappelé. J’ai donc imaginé des formes qui génèrent des lieux de silence et de recueillement », précise l’architecte.

Le projet s’appuie sur un ensemble de seize oliviers millénaires du Liban, ces arbres légendaires, dont les creux abritent la vie de différentes espèces, permettant de faire de ces lieux, des endroits paisibles où chacun peut se recueillir. Une traînée de verre au sol accompagne ce chemin vers le silence.

Un projet national miraculé 

Cette performance réalisée pour la Biennale de Venise s’avère d’autant plus remarquable que la crise financière libanaise et les conséquences de la catastrophe du 4 août 2020 auraient pu lui porter un coup fatal …

Mais le pavillon apporte la preuve que le pays réussit à se lever et à rebondir : “C’est l’aboutissement d’un long parcours, marqué par le paradoxe et l’incertitude. Au point que je peux dire, sans rien exagérer, que c’est un véritable miracle que nous soyons arrivés là où nous nous trouvons aujourd’hui” déclare l’architecte.

Quelle hâte de découvrir ce spectacle architectural