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Ce bracelet détecte les crises d’épilepsie grâce à l’intelligence artificielle

Pour braver l'imprévisibilité des crises d'épilepsie, trois jeunes entrepreneurs tunisiens ont conçu un bracelet permettant aux utilisateurs de surveiller leur propre état et, surtout, de contacter automatiquement les personnels soignants dans les secondes qui suivent une crise.

Lancé en 2017, Epilert est une solution pour endiguer les décès dus à l’épilepsie qui vise à faire progresser les traitements médicaux en travaillant en étroite collaboration avec les médecins tunisiens. 

Le brassard compile des données en constante évolution, uniques à chaque utilisateur et à son style de vie,  afin de lui permettre de mieux contrôler sa condition. Dans les 30 secondes suivant une crise, il informe, par SMS ou par appels téléphoniques automatisés, les soignants de la gravité de la crise et de la localisation du patient

L’appareil surveille les battements du cœur, la température et les données physiologiques et neurologiques afin d’intercepter un accident potentiellement fatal. Un avertissement apparaît dès lors que les chiffres s’écartent des normes du patient.

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Le bracelet prévoit également lorsqu’une crise approche.

Les épilepsies, malgré leurs nombreuses formes, partent toutes du cerveau. Un organe dont l’Homme apprend chaque jour à quel point sa connaissance est incomplète, ce qui rend l’épilepsie d’autant plus difficile à gérer. 

Néanmoins, on sait que les crises sont déclenchées par des facteurs externes, donc le fait de les connaître à l’avance pourrait permettre de se prémunir des épisodes à venir. Les déclencheurs parmi les plus courants sont la fatigue, le stress, l’alcool, ou encore le fait de négliger de prendre les médicaments nécessaires. 

 

 

Les cerveaux derrière le produit

La start-up, fondée et dirigée par un jeune homme de vingt ans, des projets ambitieux. 

« La technologie médicale est un domaine où l’expérience et les ressources sont souvent nécessaires et où les barrières réglementaires sont élevées », explique Haroun Moula, le co-fondateur et directeur général d’Epilert, avant de poursuivre : « Quand on est jeune, on n’est pas toujours pleinement conscient de ce fait, alors on fonce et puis, en fin de compte, on se rend compte de tout ».

Le choix de Tunis comme lieu d’activité n’est pas anodin. Pour le dirigeant, la capitale de la Tunisie est un important centre d’initiatives pour la jeunesse. Il estime en outre que le plus grand atout du pays n’est autre que le talent. Et le talent de son équipe réside dans sa capacité à compiler avec la complexité de l’intelligence artificielle, et de la simplifier au maximum pour des utilisateurs déjà confrontés à toute une série de complications. 

 

 

 

« Nous offrons simplement davantage de données que la concurrence. Dès lors que vous détenez plus de données, cela permet une meilleure analyse et un meilleur diagnostic, cela réduit le mystère et améliore la science autour de l’épilepsie et de la neurologie dans son ensemble ». 

La startup a des plans ambitieux

L’épilepsie est l’un des troubles neurologiques chroniques les plus répandus. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 50 millions de personnes de tous âges dans le monde sont touchées par l’épilepsie, dont 4,7 millions dans la région de la Méditerranée orientale. Un marché conséquent.

Après avoir glané des informations au sein de la communauté médicale locale et des clients, la start-up est prête à s’étendre au-delà de la région. Des essais précliniques de l’Epilert sont en cours en vue de demander l’autorisation d’entrer sur le marché américain. Moula, la fondatrice de 27 ans, espère recevoir le feu vert d’ici la fin de l’année 2020.

« Nous espérons obtenir des résultats de recherche prometteurs et que la technologie réussisse à faciliter la vie des personnes atteintes de maladies chroniques pour leur permettre de vivre normalement« , conclut M. Haroun.