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Le rôle central de Christine Ockrent dans « Mère » de Wajdi Mouawad

Jusqu’à la fin du mois de décembre dernier, l’ancienne présentatrice iconique du journal de 20 heures d’Antenne 2 était à l’affiche de la dernière pièce du dramaturge et metteur en scène libano-canadien Wajdi Mouawad. Une œuvre très intime et familiale, dans laquelle la journaliste interprète son propre rôle.

Par la faute d’une remontée en puissance des cas de contamination au Covid-19, la tournée française de cette nouvelle pièce du dramaturge Wajdi Mouawad est repoussée jusqu’à nouvel ordre. Ce qui n’a pas empêché Mère, troisième opus du cycle « Domestiques » après les solos Seuls et Sœurs (et avant Père et Frères) de faire un carton au théâtre de la Colline, à Paris.

Dans cette œuvre, entre fiction et autobiographie, Mouawad délivre une représentation fragmentée de sa famille, bouleversée par la guerre du Liban dans les années 80. Sa mère, emportant la fratrie, vit à Paris, et son père, resté au pays, travaille, attendant le jour où il pourra faire revenir les siens. Dans un quotidien marqué par un sentiment d’attente, d’impuissance, et de frustration, un seul et unique point d’ancrage : le journal de 20 heures d’Antenne 2, animé par Christine Ockrent.

Cette dernière, qui joue dans la pièce son propre rôle, a de fait constitué un point de rendez-vous incontournable pour les membres de la diaspora libanaise, exilés pendant cette période trouble en territoire francophone. Il n’en a pas été autrement pour la famille Mouawad.

 

Le dramaturge prend part au spectacle pour donner la réplique à l’excellente Aïda Sabra. Crédits photo : Tuong-Vi Nguyen

Une oeuvre “auto-fictionnelle”

Véritable plongée dans les souvenirs et l’intimité du dramaturge, ce nouveau volet de la série qui lui est chère est peut-être le plus émouvant et le plus abouti. Il s’agit d’un véritable hommage à sa mère, qu’il ne situe pas au Liban, où elle a vécu l’essentiel de sa vie, ni au Canada, où elle est allée finir ses jour, mais bien dans le XVème arrondissement de Paris, dans cet appartement ou la femme et ses trois enfants auront vécu cinq ans au total.

Dans le récit, on ressent toute la souffrance de la femme, désireuse de retrouver son pays, son mari, ses attaches, et totalement dépendante de la situation géopolitique locale, rapportée quotidiennement par la voix familière, tantôt anxiogène, tantôt rassurante, de Christine Ockrent.

Un portrait de famille à aller voir sans tarder sur les planches partout en France, dès que la situation sanitaire le permettra.