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Cinq initiatives écologiques dans le monde arabe

Il n’y a pas que Greta Thunberg à s’alarmer sur l’urgence climatique et écologique. Les sociétés arabes voient, elles aussi, s’ériger des figures qui comptent bien enrayer le réchauffement climatique.

Si le dernier rapport du GIEC a montré l’accélération du réchauffement climatique et l’urgence pour ses différents pays de mettre en place des mesures pour contrer ses effets sur l’environnement, le reste du monde n’a rien à lui envier. C’est notamment le cas au Moyen-Orient, où des membres de la société civile s’organisent pour faire évoluer la situation. Zoom sur quelques-unes de ces initiatives :

Rania K Rafie transforme les sacs plastiques d’Egypte en accessoires de mode 

Dans un pays comme l’Egypte, qui comporte plus de 100 millions d’habitants, la gestion des déchets est une question centrale. C’est pour répondre à cette problématique que Rania K. Rafie, designer produit de formation, a décidé de co-créer Up-fuse en 2013.  Cette entreprise sociale transforme les sacs plastiques que l’on retrouve dans les rues du Caire, en accessoires de mode éthiques et durables. En collaboration avec l’ONG “Roh al shabab”, elle travaille auprès des communautés de Manshiyet Nasr (aussi appelée “Garbage City”), un quartier populaire du Caire réputé pour sa communauté chrétienne copte, les zabbaleen (“les gens des poubelles” ), qui ont développé depuis plusieurs années un système sophistiqué de collecte des déchets, s’assurant ainsi un moyen de subsistance. Le site propose aujourd’hui une vaste collection de sacs à dos, sacoches, sacs de sport mais aussi tote bag dont les revenus reviennent entièrement à l’association.

 

Majd Mashharawi, des panneaux solaires pour distribuer l’électricité aux habitants de Gaza 

Ingénieure civile, Majd mashharawi a travaillé pendant longtemps comme coordinatrice internationales dans des ONG de Gaza. A seulement 25 ans, elle a déjà créé deux entreprises sociales: Greencake, une société qui produit des briques respectueuses de l’environnement, faites à base de cendres plutôt que de ciment, largement limité à l’importation depuis le blocus israélien. Mais aussi Sunbox, qui conçoit des panneaux solaires qui permettent de compenser les coupures d’électricité quotidiennes à Gaza. Beaucoup moins coûteux que les générateurs ordinaires, ils répondent ainsi à une problématique à la fois environnementale et sociale, réduisant ainsi le fossé des inégalités sociales qui n’ont pas toujours de quoi financer des générateurs.

 

Sarah Toumi, la magie des acacias pour développer la prospérité des agriculteurs tunisiens

La Tunisie connaît depuis plusieurs années un phénomène de “désertification” qui affecte gravement son écosystème et le moyen de subsistance de ses populations rurales. En effet, le désert avance chaque année dans les terres fertiles et dans les villes, forçant les populations agricoles à se déplacer, voyant leur récoltes détruites et envahies par le sable. Réalisant l’impact économique de ce phénomène sur ses propres grands parents dans le village de Bir Sahar, Sarah Toumi décide alors de lancer Acacias for all en 2016, une entreprise sociale qui plante des acacias en bordure des champs. Un moyen de créer des haies compactes empêchant le vent de passer (lorsque les acacias deviennent grands), mais aussi de rendre les sols plus riches et de leur permettre de retrouver toute leur biodiversité. Cette initiative accompagne également les agricultrices à travers des formations en leur permettant de vendre leur production à un prix éthique et juste, ce qui permet  de créer de l’emploi dans des villages où il peut y avoir 80% de chômage. Un projet que Sarah Toumi compte bien appliquer en Algérie au Maroc afin de créer de la prospérité pour toutes les populations d’Afrique du Nord.

 

Joslin Kehdy, sensibiliser au recyclage et à l’environnement

Joslin Kehdy est libanaise mais a grandi aux Etats Unis et y a vécu une grande partie de sa vie. Une proximité de la nature qui a sûrement joué dans son envie de s’engager pour la préservation de l’environnement, lorsqu’elle est venue s’installer au Liban. En 2015, alors que le pays se retrouve en pleine crise des déchets et au milieu d’une campagne massive lancée par la société civile à l’encontre du gouvernement,  “You stink” (tu pues), Joslin Kehdy décide de lancer sa propre ONG. Intitulée Recycle Lebanon, l’association comprend des actions sur le terrain comme le mouvement BalaPlastic qui incite les citoyens à nettoyer les littoraux et le pays en s’identifiant sur instagram, à la manière du ice bucket challenge. Mais aussi des campagnes d’éducation et de sensibilisation comme “health is wealth”, lancée dans les écoles et les villages libanais. Elle prévoit également la création d’une économie circulaire avec la mise en place d’un souk virtuel et physique permettant de retracer les produits du producteur au consommateur.  Un ensemble d’initiatives soutenues sur une plateforme en ligne qui regroupe des recherches, analyses, informations et rapports d’ONG pour informer la population et l’aider à s’engager.