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Comment un jeune marocain de 38 ans pense avoir trouvé l’identité d’un des tueurs en série les plus connus au monde

Après être tombé sur un article de l’OBS annonçant que trois particuliers avaient réussi à craquer une des 4 énigmes du tueur du Zodiaque, à l’inverse du FBI (et ce pendant près de 50 ans), Fayçal Ziraoui, polytechnicien de formation et consultant en stratégie de 38 ans se lance un défi fou : épluchant tout ce qui a pu être publié sur le sinistre personnage, il s’emploie à déchiffrer les deux derniers messages codés envoyés à la police par le tueur, dont l’un d’eux contient a priori son identité…

Rappel des faits : le tueur du Zodiaque a sévi entre les années 1960 et 1978 dans la région de San Francisco aux Etats-Unis. Accusé de 5 meurtres, 2 tentatives de meurtres et 1 enlèvement, on le soupçonne d’être également l’auteur d’une trentaine d’autres assassinats. Outre ses agissements macabres et le mystère autour de son identité, son histoire fit frémir toute l’Amérique en raison de ses nombreux messages envoyés à la presse et à la police à travers lesquels il se vantait non seulement de ses crimes, mais également de réussir à échapper aux autorités. Pour lui, cela se résumait à un jeu.

Un véritable génie du crime…et des chiffres

Les 4 cryptogrammes sont appelés Z408 (reçu en juillet 1969), Z340 (reçu en novembre 1969), Z13 (reçu en 20 avril 1970) et Z32 (reçu en juin 1970) en raison de leur nombre de caractères. Le premier fut élucidé dès l’année 1969 par un enseignant et son épouse mais ne révéla rien de pertinent. Le second fut déchiffré en 2020 (seulement!) par l’américain David Oranchak, l’australien Sam Blake, et le belge Jarl Van Eycke, tous passionnés de mathématiques et de cryptographie.

Si les deux derniers cryptogrammes ont été décrits comme “indéchiffrables” par les experts, ce n’est certainement pas cela qui a découragé Fayçal Ziraoui. Au contraire, ce dernier les a cassés en deux semaines seulement. Les procédés qu’il a utilisés sont divers : il se base sur la clef trouvée par le trio amateur afin de repérer les mots fréquents, de trouver des combinaisons potentielles de mots, et ainsi de relier une lettre à un signe où à un chiffre.

Seulement, se mettre à la place d’un tueur en série et tenter de réfléchir comme lui afin de pouvoir déchiffrer ses messages, a été une expérience plutôt terrifiante pour Ziraoui, dont les seules pensées pendant ces quinze jours (et nuits) ont été axées vers la résolution de cette énigme. Le plus perturbant pour le jeune consultant était de se rendre compte de la réalité et de l’horreur de l’affaire, qu’il pouvait parfois momentanément perdre de vue, à travers ces résolutions de codes, et ces exercices de mathématiques – presque un jeu de casse-tête.

La dernière énigme à résoudre

Après un travail sans relâche, le célèbre message “My name is…” (“mon nom est…”) est enfin complété : Lawrence Kaye ou Kane serait le nom du tueur. Ce nom est déjà connu des services de police et inscrit sur la liste des suspects, puisque plusieurs indices menaient à lui à l’époque.

Malgré le décès de Kaye en 2010, sa culpabilité serait un soulagement sans précédent pour les familles des victimes si elle était attestée. Le FBI a accusé bonne réception des conclusions de l’ancien polytechnicien, mais aucune confirmation n’a été faite. En effet, le FBI enquête encore sur cette affaire non élucidée (non prioritaire) qui reste parmi les plus tristement connues, et ne peut donc pour cela, se prononcer.