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Des réfugiés syriens nourrissent les populations fragiles en Suisse

Shadi Shaddeh, un réfugié syrien résidant en Suisse, a mobilisé un réseau de volontaires à Genève et à Lausanne pour faire des courses et des achats pour les personnes âgées et les malades en proie à la pandémie de Covid-19. Le réseau, né d'une série de messages Whatsapp entre amis, est actuellement composé de 26 bénévoles, qui ont déjà fait des courses pour quelques centaines de personnes dans le besoin.

Le groupe continue à se développer chaque jour, alimenté par ses bénévoles et leurs expériences de survie à l’aliénation et à la grande incertitude en tant que réfugiés syriens.

« Nous avons vécu, et nous vivons encore, une crise en tant que réfugiés », déclare Shadi Shaddeh, 34 ans, originaire de Daraa, au sud de Damas, et arrivé en Suisse en 2013. « Cela nous place probablement dans une meilleure position pour comprendre qu’il y a une crise et comment aider ».

 

 

D’une famille à l’autre 

L’épouse de Shadi, Regula, de nationalité suisse, mérite également qu’on souligne son implication dans la conception de cette initiative. Alors que la pandémie se développait initialement dans toute l’Europe, elle a réalisé que de nombreuses personnes, comme ses parents, auraient besoin d’aide. Elle s’est donc tournée vers Shadi et ses amis syriens, qui ont commencé à afficher des prospectus dans les halls d’entrée des immeubles d’habitation et des supermarchés.

Lesdits prospectus portent le message suivant : « Nous sommes un groupe de réfugiés syriens, prêts à vous aider à rester chez vous en faisant vos courses. » Il fournit également leur adresse électronique – aidederefugies@gmail.com – pour que chaque correspondant soit affecté à son réseau de volontaires, en fonction de sa localisation, qui se rendra ensuite, plusieurs fois par jour, pour remplir les listes de courses personnalisées et les livrer à domicile.

Ensemble à distance

La Suisse, dont la population s’élève à 8,5 millions d’habitants, compte plus de 11 000 cas confirmés de COVID-19, ce qui en fait l’un des dix pays les plus touchés au monde. Bien que le système de santé du pays soit parmi les plus efficaces du globe, cette période sans précédent est source d’incertitude pour tous, sans exception.

« Nous savons ce que cela signifie lorsqu’un système médical est en panne », admet Shadi à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés en s’exprimant sur le sujet. « Nous connaissons des gens qui sont morts de petites blessures parce qu’ils n’ont pas reçu de traitement, et nous ne voulons pas en arriver là. Si nous sommes unis maintenant, cela aidera le système médical ».

 

 

Compassion contagieuse

Chaque volontaire travaille dur pour respecter les plus hauts niveaux d’hygiène et de distance sociale, en se lavant soigneusement les mains, en portant des gants et des masques de protection, en désinfectant les sacs de courses et en gardant une distance avec ceux à qui ils livrent. 

Bien que leur mouvement se déroule à petite échelle, ils visent à déclencher un effet domino. « Je soutiens et encourage les gens à copier cette idée et à la mettre en œuvre. Tout le monde peut le faire. Il suffit d’imprimer le prospectus et de l’accrocher dans votre immeuble ou dans le supermarché », félicite Shadi.