Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

Des steppes du Sahel au gazon de Wimbledon – Portrait d’Ons Jabeur

Pour la première fois dans l’histoire, une joueuse de tennis d’origine Arabe a remporté un tournoi de tennis comptant pour le WTA, le tournoi de Birmingham. A cette occasion, Kawa News a souhaité revenir sur le parcours de la jeune tenniswoman de 26 ans.

Pour l’histoire

Nous sommes le 14 juin 2021. Au terme d’un match serré, Ons Jabeur triomphe de son adversaire du jour, la russe Daria Kasatkina, sur le score de 7-5 / 6-4. Si la nouvelle n’a pas trouvé un grand écho auprès des journalistes sportifs internationaux, elle a fait grand bruit dans le Monde Arabe, et en particulier au Maghreb : c’est la première fois qu’une femme d’origine Arabe remporte un tournoi du circuit WTA. Une juste récompense pour la tenniswoman tunisienne, qui évolue depuis bientôt dix ans dans l’escarcelle du monde du tennis de haut niveau.

 

Ce titre, la sportive tunisienne en rêvait depuis sa naissance. Celle qui est désormais comparée à l’immense tennisman que fut Hicham Arazi, considéré pour beaucoup comme le meilleur joueur arabe de tennis de tous les temps (classé 22è mondial au classement ATP en 2001), savoure son exploit et a tenu à délivrer un message d’espoir aux futures générations du tennis Arabe. « Être la seule Arabe n’est pas facile sur le circuit en ce moment. Peut-être que maintenant quelqu’un regarde et veut être ici à ma place. Je veux juste dire que si je l’ai fait, ce n’est pas impossible. Comme je l’ai déjà dit, j’essaie toujours d’inspirer les autres générations. »

Une joueuse d’exception, habituée aux exploits

Si Ons Jabeur est dans la lumière aujourd’hui, c’est avant tout parce que sa victoire couronne un parcours exceptionnel. Plus jeune, elle s’était déjà distinguée en remportant le tournoi de Roland-Garros espoir en 2011, ce qui avait fait dire à de nombreux observateurs que la Tunisienne pourrait être la grande révélation du tennis féminin d’ici les prochaines années. S’en suivent alors quelques années de doute, durant lesquelles Ons se montre irrégulière dans ses performances.

 

Le déclic pour Ons Jabeur intervient vraisemblablement en 2017, lorsqu’elle bat pour la première fois de sa carrière une tenniswoman faisant partie du Top 10 WTA durant un tournoi du Grand Chelem (en l’occurrence Dominika Cibulkova, n°7 d’alors, à Roland-Garros). Dès lors, la Tunisienne ne cesse d’enchaîner les coups d’éclats. En 2018, elle se paie même le luxe de se défaire de la numéro une mondiale, la Roumaine Simona Halep, lors du tournoi de Chine. Depuis ce jour, elle ne cesse de travailler pour passer le cap des demi-finales d’un grand chelem, chose qui n’est encore jamais arrivée puisque sa meilleure performance demeure un quart de finale durant l’édition 2020 de l’Open d’Australie.

En route vers le top 10 mondial ?

Depuis l’année 2020, Ons Jabeur enchaîne les bonnes performances et a acquis la régularité qui lui faisait défaut jusqu’alors. La tenniswoman classée 24è au WTA finit l’année 2020 avec en poche une place de quart de finaliste à l’Open d’Australie et une place de huitième de finaliste à Roland-Garros. L’année 2021 commence sous les mêmes auspices, elle tient tête à la numéro une mondiale Naomi Osaka à l’Open d’Australie avant de s’incliner puis atteint une nouvelle fois les huitièmes de finale de Roland-Garros.

 

Cette année pourrait bien être l’année d’Ons Jabeur, la Tunisienne nourrissant de grandes ambitions pour le tournoi de Wimbledon. Il y a quelques jours, la joueuse originaire du Sahel Tunisien s’est défaite de Venus Williams, quintuple détentrice du titre, pour filer en seizième de finale face à la numéro 11 mondiale, l’espagnole Garbine Murguruza : un match qui promet d’être haletant.