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Dhad, des livres audio pour promouvoir la langue arabe

Dhad, des livres audio pour promouvoir la langue arabe

Dhad, des livres audio pour promouvoir la langue arabe

Dhad Audiobooks est née il y a 4 ans de l’indignation d’une jeune saoudienne face à l’indisponibilité des livres en langue arabe. Sa start-up a été pensée pour révolutionner l’industrie du livre dans le monde arabe et les manières de lire. Diffuser des contenus audio à la fois pratiques et immersifs lui permet aujourd’hui de promouvoir sa langue et la littérature arabe à une échelle encore inégalée.

Manar Alomayri, jeune entrepreneure saoudienne s’est rendue pleine de vie et d’assurance, au dernier Salon Viva Tech afin d’y présenter sa révolution littéraire, Dhad Audiobooks. Cette start-up qu’elle a fondée à Djeddah trace depuis 2014 l’avenir de l’industrie du livre en arabe. Son professionnalisme et son sérieux indéniables n’ont pas suffi à contenir son enthousiasme débordant et contagieux qu’elle met à profit pour défendre sa cause face à la caméra.

Promouvoir la langue et la littérature arabe dans le monde

Manar s’est donné pour mission de promouvoir sa langue à travers la littérature. Son combat pour la revendication de sa culture et de moyens pour la diffuser, elle le mène à travers sa start-up, Dhad. Dhad est le symbole de cette lutte pour la reconnaissance de l’identité arabe, qui passe en tout premier lieu par la langue. C’est, en quelque sorte, la version arabe d’Audible, une société américaine créée en 1995 et rachetée par Amazon en 2008. A l’instar du site de téléchargement, la jeune entreprise saoudienne est à la fois une maison d’édition et une application proposant sous forme de livres audio des contenus éducatifs, littéraires ou documentaires à écouter sur tout type d’appareils.

Manar Alomayri, débordante d’enthousiasme lors du Salon Viva Tech
Manar Alomayri, débordante d’enthousiasme lors du Salon Viva Tech

Rendre les livres accessibles dans toute la région

Le monde arabe n’est pas réputé pour être une région recelant de lecteurs. Ce n’est pas par manque d’intérêt mais parce que s’y procurer un livre est vraiment très compliqué, s’indigne Manar. Non seulement, l’offre en librairie n’est pas très développée mais la région MENA propose aussi peu de bibliothèques où se procurer les ouvrages que l’on désire”. Pis, selon elle ce serait même chose impossible.

Et en effet, peu de livres sont imprimés, traduits et publiés en langue arabe que ce soit au Moyen-Orient ou dans le reste du monde, où les lecteurs arabophones ont pris l’habitude de lire en langue étrangère. Aujourd’hui, sur les 17 livres que lit, en moyenne par an, la population de la région, au moins 6 sont en langue étrangère, selon un rapport de Knowledge4All.

Une start-up disruptive pour entériner les évolutions des modes de vie

En plus de la difficulté d’accès aux ouvrages littéraires, la lecture traditionnelle est devenue une activité inadaptée à nos mode de vie. Les moments d’immobilité, de calme et d’oisiveté qu’elle nécessite ont quasiment disparus de nos modes de vie modernes, où priment mouvement et activité incessante. “Le nombre de jeunes de moins de trente ans augmente dans le monde arabe, surtout en Arabie saoudite où il représente plus de 70% de la population, explique Manar. Ils veulent de la souplesse et de la rapidité pour s’adapter à leur mode de vie pressé et surchargé. Et surtout, ils veulent quelque chose qui se consomment en chemin”.

Manar a donc repensé complètement nos manières de lire. Sa solution : des livres audio enrichis. Dhad propose ainsi une application pratique et multi-devices, conçue pour offrir une expérience immersive et interactive, qui captive l’attention de l’auditeur sans brider son imagination. En collaboration avec des artistes et doubleurs de renom au Moyen-Orient, Dhad travaille les voix dans les moindres détails pour rester fidèle aux caractères et aux univers des livres tout en suscitant l’émulation de l’auditeur.

 

Plusieurs centaines de milliers de téléchargements

Si les débuts de l’aventure, en 2014, ont été humbles pour Manar et son entreprise, dans une région encore peu ouverte aux nouveaux modes de consommation culturelle, l’affaire marche du feu de dieu aujourd’hui. “Les gens ont compris que c’est la même chose (de lire un livre et l’écouter), c’est juste un autre format, une autre manière d’appréhender un même contenu”, soutient la jeune femme.

Aujourd’hui, certains de ces livres ont été achetés plus de 10 000 fois, des scores leurs versions imprimées n’atteignent parfois guère. Les scores grimpent même aux 200 000 téléchargements pour certaines versions gratuites. “Nous avons été très surpris des résultats, admet Manar. Même si Dhad compte aujourd’hui de nouveaux concurrents dans la région, l’initiative peut se targuer d’avoir ouvert la voie à une industrie encore balbutiante dans la région.