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A Wadi Al Qura, artisanat et chants traditionnels

Wadi al Qura a une place singulière dans l'histoire d'AlUla et celle de l'Islam. Les premiers textes de la religion musulmane en font d'ailleurs mention, comme le point d'étape d'une expédition militaire de Zaid ibn Haritha, fidèle compagnon de Mahomet; expédition qui a coûté la vie à neuf membres de l'escouade d'Ibn Haritha.

De cette oasis stratégique, nichée entre la cité d’AlUla et celle, antique, de Mada’in Saleh, ne reste qu’un petit sentier bitumé en marge d’une voie régionale. La parcelle abrite cette petite attraction que l’on nomme Tantora, sorte de cadran solaire grâce auquel les locaux repèrent le solstice d’hiver, et qui a donc donné son nom au festival Winter at Tantora. Durant les festivités, le lieu est investi par des artisanes et créatrices locales, exhibant aux quelques touristes nationaux, et désormais internationaux, les parfums, cosmétiques et autres fabrications artisanales au timbre local.

Parfums et calligraphies

Rym fait partie de ces exposantes. Derrière son étalage de parfums, huiles essentielles et baumes corporels, et malgré son inamovible hijab noir, on devine au plissement de ses yeux et à sa voix riante que la jeune femme est ravie de voir des Occidentaux à sa porte. Elle n’hésite d’ailleurs pas à préciser qu’elle est “diplômée de l’Université européenne des saveurs et senteurs” et propose à quiconque pénètre son stand parfumé de repartir avec des échantillons aux effluves divers.

Dans un stand voisin, la jeune Rashi, elle, expose ses oeuvres calligraphiques, qu’elles soient arabes ou nabatéennes. Pour l’artiste, il s’agit surtout de retranscrire, sur la roche et parfois sur papier, “l’essence d’AlUla et son histoire”.

De rares mais emballés touristes

L’entrain qu’affichent ces femmes derrière leur établis est hélas peu récompensé par le flux de visiteurs aujourd’hui. Parmi les quelques dizaines de locaux errant à Wadi al Qura, l’on croise tout de même de rares curieux, ostensiblement occidentaux. Deux d’entre eux sont attablés à un café populaire. Tom est Anglais et, à son Fedora vissé sur le crâne, l’on devine qu’il est un baroudeur. D’ailleurs, s’il est en Arabie saoudite, ce n’est pas un hasard. “J’ai une certaine fascination pour l’Arabie saoudite, avoue le Britannique. C’est sans doute parce que ce pays était inaccessible. Quand les visas ont été ouverts, je me suis dit qu’il fallait que j’y aille absolument.”

Pour Hans, son sympathique acolyte batave, l’histoire est différente. “Je voulais voir l’éclipse solaire du 26 décembre dernier, mais j’avais trop de boulot, raconte le Néerlandais. Comme j’avais payé pour le visa, que j’avais trois semaines de congé, que l’Arabie saoudite m’intéressait et que j’aime beaucoup le Proche-Orient, je me suis décidé à venir ces jours-ci.” De leur séjour, les deux hommes retiendront, outre la beauté sauvage de Mada’in Saleh, la bienveillance et “l’accueil chaleureux des locaux”, même si Hans, tout juste arrivé de Riyad, avoue avoir était impressionné par “l’avant-gardisme de l’art contemporain saoudien”. La discussion est interrompue par les premières percussions d’une troupe de musiciens traditionnels saoudien. La soirée, jusque-là plutôt calme, peut désormais commencer…