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Sultan d’AlUla

Parmi les visages bienveillants croisés à AlUla, celui de Sultan est peut-être le plus mémorable. Sans doute parce que sa présence, en tant que guide et conducteur, a été la moins éphémère. Aussi et surtout pour son inamovible sourire et sa contagieuse bonne humeur.

Le jeune homme n’a que 20 ans. Mais à ses lunettes de matheux, sa barbe plutôt fournie et son aisance au volant, on lui en donnerait facilement 30. Sous son shemag, noué à la manière des bédouins, le gamin a, malgré son jeune âge, déjà vu du pays. Etudiant en langues étrangères à l’Université de Taibah à AlUla, Sultan rentre à peine d’un séjour linguistique à Londres. Dans le cadre du programme de développement de la région opéré par la Commission royale pour AlUla (RCU), son profil est tout bonnement idéal : jeune, conducteur, anglophone et, surtout, originaire d’AlUla… Le voilà accaparé pour le festival de Winter at Tantora en tant guide-chauffeur pour les premiers touristes internationaux venus explorer ce joyau du patrimoine saoudien.

« Il faut que je pratique mon anglais »

Lui est aux anges. Fils d’un modeste propriétaire terrien, Sultan est un amoureux de sa région natale. « J’aime accueillir les touristes, leur faire découvrir de ma région », avoue-t-il à peine monté dans son imposant 4×4. Et on veut bien le croire tant le jeune homme est peu avare en anecdotes. « Avant, on ne se disait pas que ce qu’on avait ici était forcément précieux. C’était juste des rochers, du sable, quelques monuments, raconte-t-il. Mais quand on voit l’engouement des touristes, et puis ce qu’est devenue AlUla, avec les lumières, les cafés, les restaurants, on se rend compte de ce qu’on a. »

S’il est aussi heureux d’accueillir des Occidentaux, c’est aussi parce que Sultan veut pratiquer son anglais. Il faut bien l’avouer, le jeune Saoudien est encore hésitant dans la langue de Shakespeare. Mais il met un point d’honneur à ne jamais répondre dans sa langue maternelle, même quand les mots lui manquent. « Il faut que je pratique mon anglais, c’est pour ça, aussi, que je suis content d’être avec vous », lâche-t-il. Et le gamin ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Vous me recommanderiez quelle langue à apprendre après l’anglais ? J’hésite entre le français et l’espagnol, demande-t-il. Amoureux des langues et polyglotte en devenir, Sultan nourrit le rêve secret de travailler, à terme, pour le ministère saoudien des Affaires étrangères. Pour voir du pays, pensez-vous ? « Non, je veux rester à AlUla, j’aime beaucoup le Royaume-Uni mais ma vie est ici, » lance-t-il, son inamovible sourire à la bouche.