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Festival de Cannes : Le film libanais « The Sea Ahead » en avant-première

Ça y est ! Voilà près d'un an et demi que le festival de Cannes attendait de réinvestir la Croisette. Et c’est ce mardi 6 juillet que s’est enfin ouverte sa 74ème édition qui se clôturera le 17 juillet. Le réalisateur libanais Ely Dagher a ouvert le bal en présentant son premier long-métrage en avant-première. Retour sur ce succès du septième art … 

En plein milieu d’une révolution : filmer et faire face à son propre désir de protester

Le tournage de « The Sea Ahead », qui met en vedette l’actrice franco-libanaise Manal Issa, a commencé à la fin de 2019 et s’est terminé une semaine avant le premier confinement du Liban. Les équipes ont donc dû tourner entre les barrages routiers, l’instabilité politique ou l’effondrement financier du pays.

« Nous avons dû apporter de l’argent dans des valises pour payer l’équipe« , rapporte le réalisateur, en riant de l’absurdité de ce contexte. « Le principal producteur était français, donc l’argent était là, mais on ne pouvait pas transférer d’argent au Liban.« 

Pendant quelques minutes, le réalisateur n’a pas pu résister au besoin d’affirmer son mécontentement et c’est en plein tournage que celui-ci et l’assistante réalisatrice du film, Amanda Kik, ont préféré abandonner une scène pour rejoindre une manifestation dans la rue. 

Pour lui, impossible de réaliser un film sans prendre en compte son environnement. Il déclare d’ailleurs : “Nous sommes arrivés sur le plateau un peu tard, mais nous voulions faire partie du projet. Nous ne pouvions pas nous contenter de dire : OK, on se fiche de ce qui se passe, faisons juste un film. Il était important de rester en contact avec ce qui se passait« .

Un film en première mondiale aujourd’hui 

Aujourd’hui, le film est présenté en première mondiale à Cannes, avec quatre projections prévues en juillet. 

Et le réalisateur libanais n’en est pas à son coup d’essai ! En 2015 déjà, son court métrage d’animation, Waves 98, avait remporté la Palme d’or du court métrage. Il a d’ailleurs été le premier film libanais présenté sur le tapis rouge depuis Hors La Vie de Maroun Baghdadi en 1991. 

Son nouveau chef-d’œuvre explore la relation du réalisateur avec Beyrouth. Il est le résultat de deux années de dur labeur et d’un mélange surréaliste de plusieurs styles d’animation.

Un synopsis aux messages multiples

Le film The sea ahead aborde de multiples thèmes au cœur des débats sociétaux aujourd’hui comme notamment  l’immigration et l’identité

L’histoire raconte le retour d’une jeune femme à Beyrouth après plusieurs années passées à l’étranger. Issa, qui a déjà joué dans des films tels que « Ulysse & Mona » et « Parisienne », joue le rôle d’une jeune femme dont le retour soudain au pays, la curiosité de ses parents et son éventuelle reconnexion avec la vie qu’elle menait à Beyrouth sont au cœur du film. 

Le film, à certains égards, représente quelques aspects de la vie de son créateur qui a passé de nombreuses années à l’étranger, vivant en Belgique, à Berlin ou à Londres. Renouer avec Beyrouth et tenter de la comprendre a donc été quelque chose que le réalisateur a dû vivre pendant une grande partie de sa vie. 

Un film remuant qu’il ne faudra pas manquer lors de sa sortie.