Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

FII 2022 en Arabie saoudite : le Davos du désert face aux crises mondiales

FII_2022_Arabiesaoudite_Saudi_Arabia

Aujourd’hui s’achève la sixième édition du Future Investment Initiative, un forum économique saoudien que l’on surnomme régulièrement le “Davos du désert”. Ponctué d’annonces fortes, notamment sur l’environnement, le salon, qui a réuni pas moins de 520 intervenants, de plus de 50 pays et quelque 7000 visiteurs renforce son positionnement de moteur de la coopération mondiale.

Il réunit investisseurs, politiciens, institutions étatiques et même supra-étatiques dans le but de définir les grandes orientations des années à venir en matière d’économie, d’investissements, ou encore de politiques publiques dans presque tous les secteurs clés de la société, de l’énergie au tourisme, en passant par le transport ou encore le divertissement. Le Future Investment Initiative, ou FII, s’est en quelques années imposé comme un incontournable, faisant de l’Arabie saoudite, son pays organisateur, un véritable point névralgique de la conversation mondiale.

2022 n’échappe pas à la règle. Dès les premières minutes de l’événement, Yasir Al-Rumayyan, gouverneur du PiF, le fonds d’investissement saoudien qui se tient derrière pratiquement toutes les grandes initiatives qui portent la transformation du pays (Neom, Red Sea, Qiddiya, pour ne citer qu’eux), donne le ton : “Dans un contexte où le taux d’inflation n’a pas été aussi haut depuis 40 ans, avec des taux d’intérêts records, il n’est plus question de micro-économie, ou même de macro-économie, mais bien de géo-économie. Nous vivons dans un monde interconnecté où une action locale peut avoir un impact à l’autre bout du monde”.

Des réponses concrètes

Pour faire face par l’action à ce nouvel ordre mondial, et ainsi faire taire les éventuels détracteurs de ce type d’événements qu’on pourrait taxer de grande discussion pleine de promesses mais dépourvue d’action, le gouverneur a annoncé le lancement plus tôt dans le mois par le PIF de la première « obligation verte » sur 100 ans, donnant suite aux promesses faites lors de la dernière édition. Un produit inédit pour un fonds souverain de cette ampleur.

Une attention toute particulière portée à la cause environnementale qui s’est également traduite par le lancement d’un outil développé par le FII Institute permettant d’analyser la performance et l’impact de la RSE dans un marché donné et d’effectuer ses choix d’investissement en conséquence.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par FII Institute (@fiiksa)

Et les annonces fortes de se multiplier. Ainsi, Aramco Venture Capital, le bras armé qui fait valoir la politique d’investissement du pétrolier saoudien, annonçait aujourd’hui même le lancement du plus gros fonds d’investissement au monde dédié au développement durable. 1,5 milliards de dollars qui devront servir à soutenir, incuber, encourager les solutions les plus innovantes du combat contre le changement climatique, à travers le monde entier.

Un secteur de l’énergie qui se sent concerné, comme en témoignent les propos du prince Abdulaziz Ben Salmane, ministre saoudien de l’énergie. Dans un discours très réaliste et peut-être un peu défensif, sans doute motivé par la situation actuelle des relations entre le Royaume et les États-Unis et une situation tendue autour de la production de pétrole, il a reconnu que le monde “traversait une période critique, dans laquelle l’Arabie saoudite jouerait son rôle historique de fournisseur sans faille, mais ne pourrait trouver seule toutes les solutions à la crise énergétique”. Une manière d’exhorter toutes les parties prenantes à innover, intervenir, réfléchir ensemble, en tant que membre de ce “nouvel ordre mondial”, dont il est question dans la thématique de cette édition.

Un indéniable incontournable

Force est de reconnaître que le salon a la cote. On y croise des représentants des secteurs les plus en vogue de ces dernières -et prochaines?- années, de l’aérospatiale au jeu vidéo, en passant par le web3 et les crypto-monnaies. D’aucuns sont là pour monter sur scène et évangéliser les décideurs sur les nouvelles tendances émergentes, d’autres simplement pour nouer des partenariats d’affaires. Et pas seulement avec des prospects régionaux, car l’affluence est planétaire.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par FII Institute (@fiiksa)

Ainsi, le salon oscille entre des challenges bien identifiés -crise énergétique, guerre en Ukraine, récession en vue, coût de la vie en hausse, pauvreté, chômage et, bien sûr, environnement- et des solutions toujours plus créatives et pertinentes présentées par les startups sur place -des robots qui détectent le cancer, des rayons anti-bactériens, des IA qui étudient et améliorent la gestion des flux, et bien d’autres encore-. Un grand écart entre un réalisme exacerbé et une pleine conscience des enjeux mondiaux -normale, vu le niveau de responsabilité des invités-, et une volonté de regarder vers l’avenir de manière optimiste.