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Final Cut: la sélection qui soutient les films arabes au Festival du Film International de Venise

Du 28 août au 6 septembre avait lieu la 76ème édition du festival international du film de Venise. L’occasion de présenter aussi la septième édition de Final Cut, un atelier dédié à soutenir l’industrie cinématographique des pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Final Cut est un atelier organisé en même temps que la Mostra de Venise afin d’encourager le cinéma africain et arabe. Les gagnants se sont vus attribuer un prix pour les aider à financer diverses étapes du projet allant de la production ou post-production jusqu’au mixage, en passant par l’étalonnage, l’acquisition de droits de diffusion, ou encore la participation à des festivals. L’occasion pour les réalisateurs de présenter leur projet. Nous en avons sélectionné 4 d’entre eux. 2 fictions d’abord, puis 2 documentaires. 

Another Day in Baghdad, de Maysoon Pachachi. Production : Irak, France, Allemagne, Royaume-Uni, Koweït 

Réalisé par la cinéaste irakienne Maysoon Pachachi, Another Day in Baghdad raconte le quotidien d’irakiens à Baghdad durant l’occupation américaine. Si beaucoup de films ont été fait sur Bagdad, ils sont très peu à donner la parole aux Irakiens. Cette histoire se situe pendant l’invasion américaine de 2006, trois ans seulement après la chute de Saddam Hussein. Basée sur les notes intimes de l’écrivaine à succès et activiste Irada al-Jabbouri, elle suit différents personnages pris au piège de l’occupation, entre kidnappings, tortures et violences. Chacun représentant un portrait de la société de Bagdad, partagée entre la banalité de la mort mais également une résilience et pulsion de vie. Une vaste campagne de levée de fonds sur internet a été lancée sur internet afin de pouvoir payer l’équipe de tournage et les acteurs.

Mica par Ismaël Ferroukhi. Production : Maroc, France

Il s’agit du troisième long métrage du cinéaste marocain Ismaël Ferroukhi. Ce dernier a reçu le Lion du Futur du meilleur premier film à la Mostra de Venise 2004 pour Le grand voyage, et a été présenté en séance spéciale de la sélection officielle cannoise en 2011 avec Les hommes libres. Cette fois, il suit Mica : un enfant des bidonvilles qui se retrouve propulsé comme homme à tout faire dans un club de tennis de Casablanca fréquenté par l’intelligentsia marocaine. Déterminé à changer son destin, il va se faire remarquer par Sophia, une ex-championne qui va le prendre sous son aile. Produit par Lamia Chraibi pour la société marocaine La Prod, Mica est coproduit par la structure parisienne Elzévir Films et bénéficie notamment du soutien du CCM (Centre Cinématographique Marocain) et de l’AFAC (Arab Fund for Arts and Culture).

Captains of Za’atari d’Ali El-Arabi, documentaire, Egypte

Il s’agit du premier film documentaire du réalisateur et producteur égyptien Ali El-Arabi. Ce dernier est déjà habitué aux documentaires qu’il réalise pour la télévision égyptienne mais aussi pour National Géographic, et s’intéresse depuis longtemps aux populations de déplacés et aux questions de droits humains. Il a d’ailleurs créé la société de production Ambient Light Films, à travers laquelle il réalise et produit des documentaires sur les réfugiés au Moyen-Orient. Captains of Za’atari décrit l’amitié entre deux jeunes adolescents du camp de réfugiés syriens Za’atari en Jordanie. Piégés dans un camp qu’ils n’ont pas le droit de quitter depuis 5 ans, en raison de la guerre dans leur pays d’origine mais aussi des lois internationales, les deux amis ne baissent pourtant pas les bras. Déterminés à accomplir leurs rêves: devenir joueurs de football professionnels, ils espèrent ainsi gagner leur liberté et offrir une vie meilleure à leur famille. Mais surtout ouvrir la voie aux futures générations de jeunes réfugiés.

Nardjes, Alger, Mars 2019 de Karim Ainouz, documentaire, Algerie, France, Allemagne, Brésil

Nardjes, Alger, Mars 2019  est un documentaire qui se situe le 16 février, dix jours après l’annonce par Abdelaziz Bouteflika de sa candidature à un cinquième mandat présidentiel. L’ insurrection populaire pacifiste qui a éclaté se transforme en révolution sans précédent, la plus importante depuis l’indépendance de 1962. Nardjes, une jeune femme algérienne, se joint aux manifestations et à la répression qui paralyse le pays. Tourné par le cinéaste algéro-brésilien Karim Aïnouz, qui a remporté Le grand Prix “un certain regard” au dernier festival de Cannes pour son film “La Vie invisible d’Euridice Gusmão”, il s’agit de son premier documentaire solo après Cathedrals of Culture en partenariat avec Wim Wanders.