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Flaubert et le Monde Arabe : retour sur une histoire méconnue

En prévision du bicentenaire de la naissance de l’écrivain français en 2021, l’Université de Sfax s’interroge sur les liens étroits qu’a entretenu Gustave Flaubert avece le Monde Arabe, et plus particulièrement avec la Tunisie, au cours d’un colloque réunissant de multiples sommités académiques.

Flaubert, un écrivain éperdu d’Orient

Quand l’on évoque le nom de Gustave Flaubert, on pense notamment à ses romans comme Madame Bovary (1857) ou encore L’Éducation sentimentale (1869), œuvres qui font aujourd’hui partie du panthéon de la littérature française du XIXè siècle, si ce n’est de tous les temps. Dans la continuité des travaux d’Honoré de Balzac, le romancier est connu pour être l’une des figures de proue du mouvement réaliste aux côtés d’illustres plumes comme Emile Zola ou encore Guy de Maupassant, dont l’école naturaliste s’inscrit dans la continuité du mouvement réaliste.

Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que Gustave Flaubert a entrepris, durant ses jeunes années, plusieurs voyages au sein du Monde Arabe. En effet, l’écrivain a sillonné l’Egypte, le Liban, la Palestine ainsi que la Tunisie et l’Algérie quelques années plus tard. Hormis son Carnet de voyage à Carthage, aucune œuvre majeure de Flaubert ne s’attarde réellement à souligner les périples de l’écrivain français. Toutefois, ce dernier a laissé de nombreuses correspondances avec ses proches de ses moments d’exploration du Monde Arabe. Des écrits précieux pour les chercheurs en histoire et en littérature d’aujourd’hui qui cherchent à questionner la nature des liens qui unissaient Gustave Flaubert au Monde Arabe.

Un colloque pour échanger sur les liens entre Flaubert et le Monde Arabe

C’est pour répondre à ces interrogations que l’Université de Sfax, en Tunisie, a décidé d’organiser un colloque afin d’analyser la complexité des rapports de Flaubert avec le Monde Arabe. A travers l’étude des écrits de Gustave Flaubert, les participants du colloque ont tenté de contextualiser et de tirer des enseignements sur les liens qui unissaient alors l’élite intellectuelle européenne avec l’Orient.

Le colloque poursuit un double enjeu : d’une part, comprendre la vision de Flaubert du monde Arabe de l’époque et expliciter en quoi cette dernière est représentative, ou non, des mentalités européennes du XIXe siècle, et d’autre part, analyser la réception des écrits de Flaubert par les populations des pays du Proche-Orient et du Maghreb.

De cette façon, les universitaires pourront tenter de répondre à une multitude de questions qui alimentent encore les débats au sein des milieux de la recherche : la vision flaubertienne du monde arabe est-elle fondée sur l’ethnocentrisme ou sur la multiplicité, la diversité et la cohabitation culturelle ? Une telle vision du monde multiculturelle explique-t-elle pourquoi Flaubert occupe une place importante dans les pays arabes aujourd’hui et pourquoi il est un objet d’intérêt des chercheurs et des traducteurs ?

Tant de questions qui ont été étudiées et abordées lors de ce colloque dont les travaux se terminent ce vendredi 4 décembre.