Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

Hayat Sindi : « Soyez fiers de votre identité »

Hayat Sindi

Hayat Sindi - Crédits : Flickr / Poptech

Après un diplôme en pharmacologie, elle devient la première femme des pays du Golfe à obtenir un doctorat en biotechnologie. Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, elle est aujourd’hui une figure incontournable de la recherche médicale au Moyen-Orient. Sa mission ? Améliorer la santé et les services médicaux dans les pays en développement.

Scientifique dans l’âme

Enfant, Hayat Sindi admirait déjà les grandes personnalités scientifiques de l’histoire. Albert Einstein, Marie Curie ou encore le père de la médecine moderne, Avicenne. « Parfois, pour leur ressembler, je m’habillais comme eux » expliquait-elle en évoquant son enfance en 2014 lors d’une intervention au TEDxCERN. Avide de connaissances et passionnée par le monde de l’apprentissage, Hayat Sindi a toujours voulu faire partie de la communauté scientifique.

Pour atteindre cet objectif, elle part faire ses études au Royaume-Uni grâce au soutien de sa famille. Titulaire d’un diplôme en pharmacologie, elle obtient un doctorat en biotechnologie à l’université de Cambridge en 2011. Au cours de ses études, elle s’intéresse plus particulièrement à l’accès à l’imagerie IRM pour les populations dans les pays en développement.

L’éducation pour tous

De manière plus générale, Hayat Sindi est profondément engagée pour l’accès aux soins et à l’éducation pour tous. Sa mission ? « La création de diagnostics bon marché, faciles à utiliser, élaborés spécialement pour les 60% du monde en voie de développement qui n’ont pas accès aux hôpitaux urbains et aux infrastructures médicales » explique la scientifique saoudienne.

A partir de ce constat, elle décide de créer l’institut à but non lucratif « Diagnostic for all ». L’institut encourage le développement de nouvelles technologies pour créer des méthodes de diagnostic innovantes. Hayat Sindi se concentre sur les populations dans les pays en développement, vivant trop loin des infrastructures médicales pour pouvoir se faire soigner.

Elle dirige également l’Institut pour l’Imagination et l’Ingéniosité (Institut i2). L’institut i2, créé en 2011, promeut l’éducation scientifique et l’innovation auprès de la jeunesse au Moyen-Orient et dans le monde. Chaque année 12 étudiants y sont formés.

« Soyez fiers de votre identité »

Hayat Sindi est nommée ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO en 2012. Les ambassadeurs de bonne volonté utilisent leur renommée pour diffuser les idéaux de l’UNESCO à travers le monde : la promotion de l’éducation, de la science et de la communication pour la paix.

Enfin, en 2013, Hayat Sindi fait partie des 30 premières femmes à accéder à la Choura, l’Assemblée consultative du roi. « Au Moyen-Orient, les gens sont fatigués d’entendre que nous n’avons pas d’inventeurs » souligne Hayat Sindi. Son engagement politique vise également à faire émerger une nouvelle génération d’hommes et femmes intéressés par l’innovation et la recherche scientifique.

Elle est aujourd’hui considérée comme un modèle pour la jeunesse saoudienne, qui représente près de 70% de la population. Invitée à la première édition saoudienne du Forum pour les ONG de l’UNESCO à Riyad en mai 2017, elle a mobilisé son audience avec un discours encourageant : « entourez-vous de personnes qui ont une énergie positive, qui vous rendent acteurs de la société », « soyez fiers de votre identité, même si la vie est pleine d’obstacles. Essayez de passer outre grâce à votre éducation et votre confiance en vous. »