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Ko Shin Moon : « Hybride, cosmopolite et explorateur”

Pour ce troisième épisode de Tunes, nous avons la chance de recevoir le duo français qui fait la musique électronique “à l’orientale”, Ko Shin Moon. Si “recevoir” est un petit peu usurpé du fait du confinement, les deux jeunes musiciens ont toutefois accepté de jouer le jeu et de revenir avec nous sur leur processus créatif, ainsi que leur actualité.

Vous pouvez vous présenter en quelques mots ?

Axel: Salut moi, c’est Axel de Ko Shin Moon. Je fais les instruments à cordes et les machines. 

Nico: Moi c’est Nico et je joue des claviers et des machines.

C’est quoi Ko Shin Moon?

A: C’est en référence à un album  d’un musicien qu’on adore, qui s’appelle Haruomi Hosono et qui a fait un album dans les années 70, qui s’appelle Ko Shin Moon.

Votre musique en 3 mots ?

A: Hybride, cosmopolite et explorateur 

Sur quels territoires vous inscrivez-vous?

A: On écoute de la musique vraiment de partout, quels que soient les styles, les territoires ou les appartenances. On s’inscrit dans une lignée de musiciens explorateurs, transfrontaliers et trans-stylistiques. 

De quels instruments et machines jouez-vous? 

A: Nous utilisons tout un panel d’instruments que l’on ramène de nos voyages. 

A: On a du coup un cithare, un rubab afghan, un setâr iranien, un baglama électrique et toute une série de synthétiseurs et de vieilles machines : un mini Moog, un Prophet 5, un Juno … Des instruments choisis et qui sont à la fois des instruments traditionnels, électriques et synthétiques électroniques.  

Quels morceaux utilisez-vous pour le sampling?

N: Pour le sampling, nous utilisons énormément de collections de vinyls et de cassettes que l’on a accumulées au cours de plein de voyages et qu’on « digge”. On essaye d’écouter un maximum de sons, un maximum d’influences sur plein de labels qu’on affectionne particulièrement et qu’on découvre aussi un petit peu tous les jours. 

N: On fait beaucoup de sample aussi pour l’inspiration des riffs qu’on joue et puis principalement sur des drums ou des éléments percussifs pour essayer de donner une texture ou une timbralité à des éléments particuliers. 

A: On utilisera aussi parfois des enregistrements de terrain que l’on a fait lors de nos voyages pour donner une ambiance ou pour intégrer des moments particuliers dans un morceau 

Votre plus beau souvenir scénique?

N: C’était au Makan, au Caire, à la suite de la résidence que l’on a fait avec l’institut français la bas, un lieu absolument magnifique. On y a d’ailleurs enregistré les collabs qui seront sur le premier EP. 

Pouvez-vous nous présenter “Miniature”?

A: Miniature, c’est une série d’EP qui ont pour concept central de rendre hommage aux musiques qui nous ont touchées ou qui nous ont inspirées d’une région en particulier. C’est donc avoir donc une miniature, un condensé musical d’une région, éviter un caractère exhaustif mais plutôt un condensé musical de la région ou du moins de la manière dont nous la percevons, dont on l’a écoutée, et dont elle a pu influencer notre musique.

Quelles collaborations prévoyez-vous?

A: Le premier EP miniature est concentré sur la région de l’Egypte et du Levant, et voit une collaboration avec des musiciens de l’Egypte et de Palestine.

N: Nous avons travaillé avec Mouna Hawa, une chanteuse et actrice palestinienne et Sara al-Rawi, qui est une chanteuse égyptienne ainsi qu’Amine Chahene, joueur d’Argoul.

A: Ce sont des musiciens qu’on a, pour Mouna, rencontrés lors d’une série de concerts que l’on avait fait en Palestine, et pour Sara et Amine, lors de la résidence faite au Caire il y a deux ans.

 

Y’a-t-il d’autres territoires inexplorés que vous aimeriez découvrir?

A: L’idée du projet, c’est d’explorer et d’être transfrontalier, nous n’avons donc pas de limites de territoires. En ce moment, on écoute beaucoup de musiques iraniennes par exemple, et toujours aussi beaucoup de musiques indiennes. On aimerait bien d’ailleurs travailler avec des musiciens indiens et explorer les différents répertoires de cette musique.