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La 7ème édition du festival 21,39 Art Jeddah envoie sa déclaration d’amour à la planète

Jeddah Festival Exhibition

De février à avril 2020, la ville de Jeddah accueille la 7e édition de 21,39 Jeddah Art : un festival culturel fondé pour soutenir la scène artistique locale en Arabie Saoudite.

 

Intitulée « I love You, Urgently », l’exposition centrale de cette année sonne comme une déclaration d’amour à la planète. Une affirmation poétique et politique qui explore des solutions tangibles inspirées par la nature pour mieux habiter la terre. À travers une série d’expositions, de conférences et de débats qui se déroulent dans les espaces de la galerie du Saudi Art Council et dans le centre historique de Djeddah (al-Balad), les participants sont invités à aborder les idées de biomimétisme, l’imitation des modèles et des éléments de la nature, pour résoudre des problèmes humains complexes. Nous avons rencontré la conservatrice de sa 7e édition, Maya Al Khalil, précédemment directrice fondatrice de la Galerie Athr de 2009 à 2016.

 

 

 

Le titre de l’exposition centrale du festival est « I Love You, Urgently ». Quelle est l’idée derrière cette déclaration d’amour ?

En tant que commissaire de la 7e édition, je voulais amener un engagement créatif sur les questions environnementales et une réflexion sérieuse sur l’impact humain sur la nature à un moment où l‘Arabie saoudite connaît d’énormes changements sociaux et infrastructurels. I Love You, Urgently s’attaque aux problèmes de langage en lien avec l’urgence environnementale. Alors que les preuves scientifiques démontrant le désastreux impact humain sur l’environnement et son irréversibilité se multiplient, on assiste à une paralysie générale. Nous nous confortons dans une position d’impuissance. À l’heure où les océans se soulèvent en même temps que la haine, ce titre nous rappelle que “l’amour » a encore le pouvoir de nous pousser à l’action et que l’urgence de son expression est vitale. 

 

De quelle manière les artistes exposés parviennent-ils à relever les défis du changement climatique à travers leur pratique ? 

La majorité des œuvres présentées dans l’exposition sont des observations personnelles sur les réalités environnementales, et le résultat de recherches approfondies. L’étude des écosystèmes offre de nouveaux principes d’organisation permettant aux communautés de fonctionner de manière plus égalitaire et plus progressive. Cela a inspiré le travail de Daniah Al Saleh et Farah Behbehani, qui ont examiné les modèles fractals et les réseaux complexes de micro-organismes comme des formes de soins et de respect autonomes. Duran Lantink présente une alternative à la mode de masse à travers des pièces créées à partir de tissus récupérés. Ayman Zedani change de perspective et commente l’impact que le pétrole a eu sur notre environnement en seulement cent ans en s’intéressant à l’histoire de la péninsule d’Arabie Saoudite, considérant cette ressource à travers la vie, la mort et la résurrection d’anciens champignons connus sous le nom de prototaxites. 

 

L’un des principaux thèmes de l’exposition est le biomimétisme. Comment les artistes ont-ils réussi à jouer avec cette découverte scientifique et technologique ?

Le biomimétisme a inspiré la majorité des artistes à aborder les questions sociales et environnementales. Filwa Nazer se penche sur l’anatomie des insectes en Arabie Saoudite et sur le principe de camouflage comme tactique de défense, qu’elle traduit en une analyse sur l’état de sa société où le mimétisme devient synonyme d’invisibilité et de disparition. Manal Al Dowayan étudie la Rose du désert, une formation de sable éphémère, qu’elle voit comme un symbole de changement, faisant écho à l’évolution du statut des femmes dans la sphère publique de la société saoudienne.