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La « tablette de Gilgamesh », un trésor mésopotamien retourne à son pays d’origine

C’est une belle fin d’aventure pour la tablette de Gilgamesh. Après avoir été emmenée aux Etats-Unis en 1991 lors de la première guerre du Golfe, cette merveille mésopotamienne, vieille de 3 600 ans, a enfin été rendue par l’Unesco, à son pays d'origine !

Un joyau historique 

La tablette de Gilgamesh est une pièce d’argile sur laquelle figurent des caractères cunéiformes d’une langue sémitique aujourd’hui disparue et autrefois parlée en Irak et au Proche-Orient. 

Malgré sa petite taille, la tablette a une valeur immense. En effet, considérée comme la plus ancienne œuvre littéraire de l’humanité, elle narre les aventures d’un puissant roi de Mésopotamie à la recherche du filtre de l’immortalité et donne une vision romancée du souverain.

Elle constitue la base des premières légendes de Gilgamesh, datées d’environ 4 000 ans.

Une victoire pour l’UNESCO 

C’est la fin d’un long périple pour ce joyau. 

Volée en 1991 dans un musée irakien alors que le pays fait face à la première guerre du Golfe, la tablette aurait ensuite été “introduite frauduleusement sur le marché de l’art américain en 2007”.  En 2014, elle aura ensuite été acquise par le détaillant Hobby Lobby pour 1,67M$ et exposée dans son musée de la Bible à Washington D.C avant d’être saisie par les autorités judiciaires du pays en 2019.

Pour la directrice générale de l’organisation, Audrey Azoulay, cette restitution permet “au peuple irakien de renouer avec une page de son histoire”. 

Une restitution parmi d’autres 

Depuis des décennies maintenant et au fil des conflits, l’Irak s’est vu piller ses antiquités. Et l’invasion américaine de 2003 n’a pas fait exception à la règle. En 2017, Interpol affirmait d’ailleurs qu’“au cours de la dernière décennie, le monde avait été témoin d’une hausse alarmante de la destruction du patrimoine culturel en raison des conflits armés”.

Mais les restitutions s’accélèrent depuis quelque temps pour rendre aux pays d’origine l’héritage des années. En juillet dernier, les États-Unis ont notamment rendu à l’Irak 17 000 vieilles pièces, datant pour la plupart de plus de 4.000 ans.

Au cours de l’année 2021, des objets historiques et de grande importance ont également été rendus aux populations du Pakistan, du Cambodge, de la Thaïlande, du Népal et du Sri Lanka. Ces retours ont été possibles grâce à la bonne foi de la justice américaine déterminée à simplifier les restitutions en réformant son cadre législatif national.