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Les Beirut Jam Session, l’oasis de beauté au milieu de la crise

Dans un Liban empêtré dans la crise et encore sous le choc de la catastrophe du port de Beyrouth, les Beirut Jam Session, une initiative artistique qui parvient, bon an mal an, à donner de la visibilité et des revenus aux artistes locaux, régionaux et internationaux, maintiennent leur cap de toujours : faire rayonner la culture et la musique avant tout. 

Frappé par une crise économique, politique et sociale sans précédent, et encore secoué par le choc de l’explosion du port de Beyrouth, le Liban ne vit pas ses meilleurs jours. Pourtant, s’il existe une constante dans la beauté, l’apaisement, et l’harmonie, ce sont les Beirut Jam Sessions. 

Collectif fondé en 2012 pour organiser des concerts et autres petites sessions musicales, son objectif initial était de combler le vide entre les méga concerts de stars de la pop, et ceux, minuscules, organisés dans les bars par des artistes indépendants.

Ces sessions filmées, nouvelles dans la région, font la jonction entre artistes locaux et internationaux, en provenance de Jordanie, ou encore de France, à l’instar de cette vidéo sortie en décembre 2020 dans laquelle Ibrahim Maalouf et François Delporte jouent ensemble. 

La culture contre le reste du monde

La crise n’est jamais propice au bon développement de la scène artistique, qui souffre évidemment d’un manque de moyens et de toujours plus de précarité. Mais avec la pandémie, il a fallu revoir certains modèles, car il n’était plus possible de jouer en public. 

Plus de tickets vendus, plus de sponsors, donc les organisateurs se tournent, comme partout, vers le numérique. Un festival sur Instagram réunit alors 160 artistes de 25 pays pendant 9 semaines, avec des headliners comme Yasmine Hamdan, Yo-Yo Ma, ou encore Cat Clyde, le tout sous le hashtag #BJSINSTAFEST. Toutes les vidéos sont encore disponibles sur le site du collectif pour celles et ceux qui souhaitent réécouter les lives. 

Comme si cela ne suffisait pas

Plus tard, c’est au tour au de l’explosion du port de Beyrouth de secouer tous les repères. La plupart des lieux de spectacle se trouvent endommagés, alors pendant les reconstructions, les organisateurs créent les Tiny Gigs, des concerts “semi-privés”, organisés dans de nouveaux spots. Limités à 30 spectateurs et rémunérés “au chapeau”, ils visent à permettre aux artistes de survivre en ces temps difficiles. Certains sont même organisés sur Zoom, et sont très bien reçus. Tout est mis en oeuvre pour que la culture n’ait pas à pâtir de la situation critique dans laquelle se trouve le pays

Ainsi, malgré les difficultés actuelles du Liban, les Beirut Jam Session continuent d’offrir une oasis de créativité, d’harmonie et de beauté, ainsi qu’un soutien sans faille aux artistes, dont la situation est plus précaire que jamais. Une initiative rafraîchissante que l’on vous conseille d’aller voir et écouter sans modération !