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Meshal Al-Harasani : « Nous pouvons tous innover »

Pluri-diplômé, inventeur et pourtant à la fleur de l’âge, Mesha Al-Harasani incarne cette génération de jeunes Saoudiens pétris de talents et aux grands desseins nationaux et mondiaux. Rencontre avec un scientifique qui voit grand et qui compte bien profiter du virage entrepreneurial que prend l’Arabie saoudite.

Il a la trentaine et le CV d’un vétéran d’une académie des sciences. Derrière ses ronds binocles de hipster, Meshal Al-Harasani ressemble à ce qu’il est : un nerd, un geek, un scientifique, le ghutra (une version locale et rouge du keffieh) en prime. Passé par la Grenoble Ecole de Management en France, la Middlesex University de Londres et la prestigieuse King’s College University, Meshal compte parmi les nouvelles forces vives du pays, celles qui créent, dans le sens propre du terme.

Car oui, Meshal est un inventeur. Membre de l’American Society of Inventors depuis 2015, ce scientifique vient de mettre au point, en France, – brevet faisant foi – une aiguille d’un nouveau genre, censée révolutionner la médecine moderne. Et le créateur ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’il a des projets d’un tout autre acabit pour l’Arabie saoudite de demain.

Kawa News : Créer : que signifie ce mot à vos yeux ?

Meshal Al-Harasani : Nous pouvons, tous, résoudre nos problèmes. Nous pouvons tous innover. Nous pouvons tous inventer. Il suffit simplement d’y penser, de penser à une façon de résoudre ces problèmes.

Parlez-nous de votre dernière innovation, l’aiguille Fida.

Il s’agit d’une innovation médicale. Elle a été élaborée au nord de Paris, à Puiseux-le-Hauberger plus exactement. C’est une aiguille crantée qui peut facilement pénétrer les cartilages sans qu’il n’y ait besoin de procéder à une chirurgie. Elle est très petite, et peut passer partout dans le corps, par exemple, dans les oreilles, les genoux… C’est très pratique parce que cela évite de grosses opérations.

Parlez-nous de votre projet exposé pour Neom.

Pour le lancement de Neom, moi-même ainsi que deux équipes – nous sommes 9 membres en tout – avons pensé un générateur qui puiserait de l’énergie grâce au passage des voitures. Les générateurs seraient placés dans de petits cylindres sur les routes de Neom. Un peu comme des dos d’ânes, mais pas vraiment puisqu’ils ne feront qu’un centimètre de hauteur. Avec le passage des voitures, le mouvement de rotation de ces dispositifs générerait de l’énergie pour éclairer les routes par exemples. Les voitures ne feraient donc pas que consommer de l’énergie, elles en produiraient aussi.

A l’image de votre projet pour Neom, que vous inspirent les multiples initiatives d’entrepreneuriat social en Arabie saoudite ?

Nous avons vraiment beaucoup de bonnes idées en Arabie saoudite, nous avons aussi beaucoup d’inventeurs. Je ne suis qu’un parmi d’innombrables jeunes talents créatifs. Je pense qu’ensemble, nous pouvons changer le monde.