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Omar Shabib, le petit génie aux drones

Omar Shabib, le petit génie aux drones

Omar Shabib, le petit génie aux drones

A tout juste 14 ans, Omar Shabib construit des drones seul dans sa chambre et espère voir disparaître la méfiance dans le monde arabe à l’égard de ces machines volantes.

D’aussi loin qu’il peut se souvenir, Omar Shabib a toujours interrogé son père, ingénieur, sur le fonctionnement des choses : “Lorsque je voyais quelque chose voler dans le ciel, je demandais à mon père : ‘Comment cette chose vole, comment cette chose fonctionne ?’ Il m’a expliqué tout un tas de concepts comme la basse pression, la haute pression, la motorisation… J’ai appris comme ça”. De ces questionnements est née une véritable passion pour les drones et le désir d’en fabriquer. Derrière son air chérubin et ses petites boucles brunes, Omar a tout d’un grand : vivant entre le Liban et l’Arabie Saoudite, l’adolescent parcourt le monde pour échanger avec d’autres passionnés a accepté. Cette fois, c’est en France qu’il fait escale, à Viva Technology plus précisément, un salon consacré à l’innovation technologique et aux start-ups.

Un fin connaisseur des drones

Lorsqu’Omar parle de drones, chacun de ses mots est dit avec passion, chacun de ses regards est parsemé de petites étincelles. “J’ai vraiment commencé à travailler sur les drones en décembre 2016, raconte-t-il. Mais avant d’en construire, j’aimais déjà ça. J’adore faire voler les drones mais plus généralement, c’est le concept de voler qui me plait”. Plus qu’un simple fan, Omar est un véritable expert en la matière. Le garçon parle de notions techniques qu’à son âge, beaucoup d’autres ne maîtrisent pas.

Dès qu’il le peut, le gamin exporte son passe-temps hors des quatre murs de sa chambre. En véritable pro, il tient compte de différents paramètres pour effectuer ses vols : belle lumière, beaux paysages… Même s’il admet avoir déjà ses petites habitudes. “Habituellement j’aime faire voler mes drones dans le désert, dit-il. Avec mes amis, on prend des quads pour s’y rendre et on fait en sorte d’arriver juste avant le lever du soleil ou juste avant son coucher, quand la luminosité est parfaite. C’est juste magnifique à ce moment précis. C’est une belle expérience, pas tant dans le fait de faire simplement voler mes drones mais parce que je peux profiter de cet instant avec mes amis et ma communauté”.

Le partage, sans modération

A l’image de sa génération, Omar reste un adolescent connecté qui partage sa passion sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, chacune de ses vidéos ne compte pas moins d’une centaine de vues et suscitent la curiosité et l’admiration. Et pour cause, à l’aide de ses drones qu’il a minutieusement construits, il enchaîne les looping et toute sorte de vrilles.

Ces vidéos en ligne sont également un moyen pour Omar de fédérer une communauté autour de l’univers des drones et de dédiaboliser l’image que certaines personnes peuvent avoir de ces engins volants : “Je n’ai pas d’amis qui aime comme moi les drones, en réalité j’essaye de les initier à ma passion. J’essaye de créer et d’étendre une communauté, principalement dans le monde arabe. J’ai envie de faire en sorte que les gens soient habitués aux drones, qu’ils soient habitués à les voir partout parce que la plupart des gens ont peur des drones, ils se sentent menacés en leur présence. Je veux changer ça, je veux que lorsqu’ils voient un drone, ils se disent que ‘’oh c’est simplement une voiture’’.

Un passionné plus qu’un compétiteur

Grâce à la Fédération saoudienne de sports électroniques (SAFEIS), Omar participe régulièrement à des compétitions de drones à travers le monde. Des premiers prix, il en a rafflés mais ce n’est pas ce qui le motive principalement. “Les compétitions de drones auxquelles je participe, je ne les fais pas nécessairement pour gagner, explique-t-il. J’aime être entouré de personnes qui partagent la même passion que moi, voilà tout”.

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My children

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Si Omar a tout d’un petit génie, il fait preuve néanmoins d’une grande modestie et reste un adolescent comme les autres. Durant son temps libre, il joue de la guitare, fait du surf et traîne avec ses amis. Eux, ne partagent pas sa passion certes, mais Omar sait qu’un jour, ils verront dans ces drones ce que lui a toujours vu des machines « plus humaines que les humains eux mêmes. »