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Rencontre avec Sama Abdulhadi, la DJ qui bouscule les codes en Palestine

Sur la scène de l’électro, les artistes du Moyen-Orient sont encore rares. Et pourtant, malgré des mécontentements, son arrestation par les autorités cisjordaniennes l’hiver dernier et la difficulté d’exercer sa passion dans son pays, Sama Abdulhadi, sacrée reine de la techno palestinienne, n’a pas abandonné ses rêves : se lancer à fond dans la musique et faire découvrir son talent au monde entier. Retour sur l’histoire musicale de la première DJ de Palestine. 

La musique comme vocation 

Âgée de 31 ans et originaire de Ramallah, en Palestine, Sama Abdulhadi est l’une des premières au Moyen-Orient à faire découvrir les mondes musicaux de la techno et de l’électro aux Palestiniens. Et cette passion, elle l’a depuis ses 12 ans ! 

Tu m’as fait transporter tout cet équipement pendant des années, alors tu es obligée de te lancer dans la musique”, “ne laisse pas les opportunités te glisser entre les doigts. Profites-en. Tu n’es pas sûre que ça marche, mais tu te dois d’essayer” … Après avoir hésité avec une carrière de footballeuse, avoir évolué dans une carrière d’ingénieure du son et observé les artistes de la scène internationale, c’est grâce au soutien de sa famille qu’elle dévoile ses talents au monde entier.

Participer aux Eurockéennes, un aboutissement 

Commencer en tant que femme dans ce monde n’a pas été simple pour l’artiste. Après avoir étudié à Londres, travaillé dans des studios, sur des films, des concerts, en Egypte, Sama réussit à participer à un concert en France grâce au festival Palest’In & Out, qui promeut les jeunes talents émergents originaires de Palestine! 

Le début d’une belle carrière puisque rapidement, ses musiques ont retenti sur la scène musicale. Avec désormais huit millions de vues sur YouTube, la Boiler Room de Sama’ Abdulhadi se place dans le top 10 de ces célèbres et très respectés DJ sets diffusés en livestream. 

Mais, au-delà des chiffres, les commentaires sous cette vidéo témoignent encore mieux du “phénomène Sama” : “Je ne pensais pas que ce genre de soirées avaient lieu en Palestine”, écrit l’un, “Je ne savais pas que les Palestiniens aimaient la techno”, ajoute un autre…

Cette année, c’est lors des Eurockéennes, un festival dédié à tous les courants des musiques synthétiques, à Belfort, que l’artiste a dévoilé ses nouveaux sons.

Grâce à elle, un changement des mentalités palestiniennes

L’artiste a bousculé les codes ! Et beaucoup la remercient déjà. Grâce à elle, la vie nocturne en Palestine a changé et ce sont presque une trentaine de DJ qui se révèlent maintenant sur le territoire. 

Arrêtée et enfermée pendant 8 jours en prison pour avoir “donné un concert sur un site archéologique et religieux en Cisjordanie”, la DJ a récolté plus de 100 000 signatures pour demander sa libération immédiate. C’est à ce moment précis que l’artiste s’est rendu compte qu’une véritable communauté autour de la techno, un registre désormais implanté dans les mentalités orientales. 

Alors si ces derniers mois ont été très durs pour Sama, comme pour l’ensemble des artistes, tout le monde semble être redevenu d’humeur festive et c’est désormais avéré : une unité au sein de la jeunesse s’est installée pour faire revivre un monde presque éteint avec la pandémie !