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Shahad al Azzaz, une philosophie à part de l’architecture en Arabie Saoudite

L’architecture est un art multiforme qui emprunte à la fois à la logique et à la sensibilité. Aux mathématiques et à l’esthétique. Une complexité qui a séduit Shahad al Azzaz, une jeune architecte saoudienne à la tête de son propre cabinet entre Riyadh et Madrid.

En février dernier, se déroulait le festival Nomad en Suisse. Un événement qui présente chaque année, dans un pays différent, le meilleur du design de collection. L’occasion de découvrir le travail de The invisible collection, une galerie Londonienne qui y exposait cette année des tapis aux motifs géométriques et couleur pastel conçus par l’architecte saoudienne Shahad al Azzaz.

Une démonstration que la jeune femme sait se renouveler à l’infini, comme la discipline qu’elle a choisi. Après des études d’architecture et un début de carrière en Espagne, Shahad al Azzaz a ouvert son propre cabinet en 2017. Depuis, ce dernier représente la RIBA (l’institut Royal des architectes britanniques ) en Arabie Saoudite.

 

Qu’est-ce qui a suscité votre intérêt pour l’architecture ?

La beauté. L’architecture est un domaine très sensible et pourtant complexe. Il faut penser tout azimut et savoir raconter une histoire humaine à travers un bâtiment ou un objet. Le dialogue entre le concepteur et les plans, les coupes et les élévations typiques des dessins doivent être transformés en un objet homogène auquel les gens réagissent positivement.

Votre père était journaliste et photographe. Que vous a-t-il transmis ?

Bien que mon père soit décédé à un âge relativement jeune, les écrits qu’il a laissés et les photos qu’il a prises sont une grande source d’inspiration pour mon travail aujourd’hui. Sa philosophie de créer de la beauté par différents moyens m’a amené à nourrir cette passion pour l’architecture. Je considère l’architecture comme un art très puissant qui crée un impact positif sur notre vie quotidienne.

 

À seulement 23 ans, vous avez été nommée directrice de projet Moyen-Orient pour un célèbre cabinet d’architecture espagnol. Qu’avez-vous appris de cette expérience de travail en Europe ?

Le temps passé en Espagne et la responsabilité qui m’a été confiée dans la gestion de grands projets architecturaux ont renforcé ma confiance en moi et m’ont poussé à étudier mes capacités. J’ai dû apprendre à surmonter toutes les difficultés rencontrées pour éviter de trébucher sur des obstacles qui pourraient affecter mon travail. J’ai même appris une troisième langue afin de ne rien manquer des discussions qui se déroulaient autour de moi. Les compétences managériales acquises en travaillant dans une entreprise internationale m’ont permis de bâtir la plateforme de connaissances nécessaire à franchir le pas entrepreneurial et à ouvrir ma propre entreprise.

En 2017, vous avez lancé votre propre cabinet d’architecture basé en Espagne et en Arabie Saoudite. Qu’est-ce qui vous a poussé à le faire ?

La passion du design. Chaque matin, j’entre dans le studio de design, extrêmement impatient de commencer une nouvelle histoire, un nouveau projet. Lancer son cabinet vous donne la liberté de dessiner votre propre philosophie de création, de créer la trame de l’histoire et de fournir des services dont vous êtes fier. L’interaction avec des clients satisfaits et la création de bâtiments et d’habitations sains pour les habitants de votre ville constituent la réussite ultime d’un architecte.

L’année dernière, vous avez conçu le pavillon saoudien pour la semaine du design de Dubaï. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?

Sa’af est l’un des projets les plus positifs réalisés par Azaz Architects. Je pense qu’il reflète la réussite ultime de ce que l’architecture peut faire. Il y a une grande force dans la collaboration, surtout quand elle se fait entre les générations. J’ai beaucoup appris en voyant les capacités des artisans, en particulier les personnes âgées qui ont travaillé à la production des mailles du pavillon. J’espère aussi que ce pavillon a réussi à évoquer une conversation entre de multiples disciplines. Je crois fermement que l’architecture doit être une source pour célébrer les différentes civilisations et les liens sociaux.

 

Quelles sont les principales opportunités que l’Arabie Saoudite a à offrir dans le domaine de l’architecture ?

L’Arabie saoudite traverse une période passionnante, surtout avec la vision 2030 qui promet de nouvelles politiques et opportunités prometteuses. L’industrie créative a de grandes possibilités d’expansion. Les designers de tous horizons disposent de multiples plateformes où le talent peut être célébré et apprécié. Nous avons récemment assisté à de nombreux événements auxquels les talents saoudiens ont pu participer et exposer.