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Sigmat fit: des vêtements de sport contre le coronavirus

Sigma Fit est une entreprise égyptienne spécialisées dans les vêtements techniques de fitness. Depuis le début de la pandémie, elle a converti sa technologie textile dans la fabrication de masques protecteurs afin de limiter la propagation du coronavirus.

Après une carrière réussie dans l’ingénierie au sein d’une grande compagnie pétrolière et gazière, Nabil Khalifa a choisi la voie de l’entrepreneuriat. Un long voyage qui l’a conduit, avec ses partenaires, à fonder Sigma fit: la première entreprise de vêtements techniques à révolutionner le monde du fitness en Égypte et au Moyen-Orient. Un succès qu’il a transporté à l’étape supérieure en s’adressant au marché américain où ses produits sont aujourd’hui largement distribués.

Mais Sigma Fit a également démontré sa grande capacité d’innovation en temps de crise, lorsque ses fondateurs ont décidé de convertir les mêmes technologies utilisées dans ses vêtements de sport, dans des masques et gants protecteurs. Nous avons rencontré l’un de ses co-fondateurs, Nabil Khalifa, afin de parler de son parcours d’entrepreneur, des leçons qu’il a appris sur le chemin, et de l’importance de la technologie et de l’innovation durant une pandémie.

 

Qu’avez-vous appris de vos premières expériences en tant qu’entrepreneur ?

Ce que j’ai appris, c’est qu’il faut toujours apprendre et regarder vers l’avenir. Il est important d’être un peu en avance sur son temps, et c’est ce qui s’est passé avec High Society, ma première entreprise. Lorsque je travaillais encore chez Schlumberger, j’étudiais Facebook, IG, la vente en ligne car je n’avais pas d’expérience dans ce domaine à l’époque, mais j’avais cette vision que le commerce électronique et le marketing en ligne étaient l’avenir. Nous avons commencé avec une équipe 3 personnes, je ne me payais même pas pour pouvoir payer mes salariés et j’essayais d’obtenir plus de clients pour l’agence. Aujourd’hui, nous sommes plus de 25 personnes et nous espérons être 40 dans les 4 à 6 prochains mois. Nous avons aussi travaillé avec des clients d’Égypte, du Moyen-Orient, du Qatar, de Dubaï et des États-Uni.

 

Comment vous est venue l’idée de fonder Sigma Fit, la première entreprise de vêtements techniques de fitness en Egypte ?

Alors que je travaillais sur mon agence de marketing digital High Society, j’ai été approché par Omar El Metwally et Islam Rashwan, deux amis d’université qui étaient aussi ingénieurs dans des compagnies pétrolières comme moi. Omar m’a dit qu’il voulait travailler sur des vêtements de sport techniques. J’ai tout de suite aimé l’idée, j’ai alors commencé à faire une étude de marché et à examiner les principaux problèmes auxquels les gens étaient confrontés. Nous voulions fabriquer des matériaux qui soient plus confortables que les matériaux ordinaires, qui ne soient pas humides ou tâchés facilement, tout en économisant l’électricité et l’eau. Je me suis alors occupée de la partie commerce électronique et marketing en ligne avec mon entreprise High Society et c’est ainsi que Sigma Fit est né. Nous l’avons lancée en Égypte et tout a très bien fonctionné.

 

Comment avez-vous travaillé sur ces technologies innovantes ?

La recherche technologique a constitué une part importante de nos activités. Nous avions notre propre laboratoire et nous faisions beaucoup de tests et d’études pour voir comment les gens réagissent. Beaucoup de technologies existaient déjà mais elles n’étaient soit pas utilisées de la bonne manière ou alors pas utilisées dans les vêtements. Il nous a fallu sept ans pour étudier les nanotechnologies et nous familiariser avec le textile avant de lancer nos premiers t-shirts à technologie hydrophobe. Vous pouvez renverser n’importe quel liquide sur eux et ils ne se tachent pas. Les gens les aimaient tellement que nous avons épuisé nos stocks juste après le lancement. C’est plus tard que nous avons commencé à travailler sur d’autres technologies comme le « heat lock », pour fabriquer des tissus qui soient respirants et confortables à la fois.

 

Aujourd’hui, vous êtes également largement représenté aux États-Unis. Comment avez-vous réussi à pénétrer ce marché ?

J’ai voyagé aux États-Unis en 2017 et je voulais en savoir plus sur le monde du fitness en Amérique. J’ai participé à de nombreux événements de réseautage, j’ai rencontré beaucoup de gens afin de mieux connaître la communauté du fitness et ses produits là-bas. Puis j’ai commencé à me rendre à différents événements sportifs, à tenir des stands dans des manifestations ou des festivals. Chaque week-end, j’allais quelquepart. J’ai travaillé très dur pour établir une connexion avec ce marché. Après la première année de Sigma Fit en Égypte, nous avons commencé à travailler sur des partenariats commerciaux avec de grandes entreprises américaines, notamment à Chicago. Et en trois ans, nous avons désormais réussi à fournir le marché américain avec plus de 500 000 t-shirts par an.

 

Comment avez-vous réussi à surmonter la crise Covid ?

Lorsque la crise est arrivée, beaucoup de nos clients ne voulaient plus de leurs commandes. Il n’y avait plus de groupes de sport et cela a été un très gros coup de massue pour nous. Nous avons donc effectué un virage, en stoppant notre production de vêtements pour nous concentrer sur celle de masques et de gants de protection. Nous avons été la première entreprise en Egypte et au Moyen-Orient de vêtements de fitness à nous reconvertir dans le matériel médical. Très rapidement, nous avons su utiliser notre technologie pour fournir le marché en milliers de masques et de gants qui contribuent aujourd’hui à prévenir la propagation du virus et à protéger les gens. Aujourd’hui, les startups devraient être assez agiles pour s’adapter et rebondir chaque fois qu’une pandémie se produit. Il est très important pour nous de continuer à améliorer nos produits et nos technologies afin de pouvoir aider notre communauté et à nos clients.