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Solidarité Covid-19 : le chef Karim Haidar cuisine pour les étudiants libanais confinés à Paris

Le confinement, c’est aussi des belles histoires à raconter. Les initiatives solidaires se multiplient, créant du lien malgré la distanciation sociale. Et c’est ainsi, que dans son restaurant du 10ème arrondissement, Askini, le chef franco-libanais Karim Haidar et ses équipes s’affairent. Leur nouvelle mission depuis le début du confinement ? Préparer de bons petits plats pour les étudiants libanais confinés à Paris.

Le samedi 14 mars, en France, la nouvelle tombe : les restaurants sont appelés à fermer leurs portes “ jusqu’à nouvel ordre ”. L’annonce est un choc et une source d’inquiétude pour tous les gens du secteur, notamment pour Karim Haidar et ses partenaires. “ Nous nous sommes repliés sur nous-mêmes ”, confie le chef. Mais ayant vécu au Liban durant la guerre, Karim Haidar a connu des confinements bien plus complexes avec l’absence d’électricité, d’eau, de contact avec les autres et parfois de nourriture. “ Il nous était même impossible de regarder par une fenêtre et de s’en approcher ” se souvient-il. Cette expérience l’amène à relativiser. Il sait que pour d’autres personnes le confinement est beaucoup plus difficile. Passionné et généreux, Karim Haidar décide alors, à travers sa cuisine, d’apporter son soutien aux étudiants libanais.

Comment est né ce projet ? Et pourquoi vous tenait-il à coeur ?

Avec mes partenaires, nous avons immédiatement pensé aux étudiants libanais que nous savions déjà fragilisés par la crise financière au Liban. Et qui de ce fait, ne recevaient plus les aides de leurs parents. Puis, le confinement à Paris a été un coup fatal. Ils ne pouvaient plus faire de stages ou travailler pour subvenir à leurs besoins. Nous nous sommes alors rapprochés de la Maison du Liban et nous avons constaté que les étudiants avaient une problématique toute simple : celle de s’acheter à manger. Nous avons alors décidé, dans un premier temps, de leur offrir quelques repas. Mais très vite, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un réel besoin. Nous avons alors fait un appel aux dons auprès de la communauté libanaise. Cela nous a permis de cuisiner et de livrer des repas sur le long terme, tout en nous adaptant au contexte actuel. Les étudiants étant confinés chacun dans leur chambre, les plats leur sont apportés dans des barquettes individuelles.

 

© Karim Haidar

Quels types de plats préparez-vous aux étudiants ? Et que cherchez-vous à transmettre à travers votre cuisine ?

Nous veillons à ce que nos repas soient le plus complets possible, avec des protéines, des glucides et beaucoup de verdure. Généreux, ils évoquent la maison, la famille, les repas pris tous ensemble. Une sorte de comfort food en somme ! L’idée n’est pas de proposer une cuisine de restaurant, mais plutôt celle du terroir, du Liban. J’ai su que notre approche était juste lorsqu’une jeune fille m’a confié que ces petits plats lui rappelaient ceux de sa maman. D’après les messages reçus, l’initiative plaît beaucoup et apporte son lot de réconfort.

 

© Karim Haidar

Durant la période du ramadan, proposez-vous quelque chose de spécial ?

Nous serons en effet en période de ramadan lorsque nous servirons notre prochain repas. Le 1 000ème ! Nous continuerons sur notre lancée, en introduisant quelques petites touches qui font écho au ramadan. Cela peut être une soupe en entrée, de la salade pour avoir de la verdure et de la fraîcheur ou une petite datte pour ceux qui font le jeûne. On évite en revanche les produits trop salés qui donnent soif. D’autant plus, que nous sommes dans une période de plus en plus estivale ! Quant à la livraison, il faut savoir que les repas sont livrés en fin de journée, vers 18/19h. Les étudiants sont alors libres de les consommer quand bon leur semble, voire même de les manger en deux fois les portions étant généreuses.