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Spidersilk, pour une toile plus sécurisée

Ce début d’année commence bien pour la start-up dubaïote spécialisée en cybersécurité Spidersilk. Elle vient juste de lever 500000 dollars lors d’une levée de fond organisée par plusieurs business angels. Une bonne nouvelle qui devrait la positionner en leader du secteur au Moyen-Orient.

Pas surprenant que cette jeune pousse fondée il y a un an démarre 2020 avec un tel élan. L’un de ses co-fondateurs, Rami El Malak (à gauche sur la photo), est entrepreneur dans l’âme. Avant de lancer sa start-up dans la cybersécurité avec son associé, Mossab Hussein (ex manager produit chez Careem et Taskspotting, à droite sur la photo), il avait déjà 20 ans d’entrepreneuriat derrière lui.

Alors qu’il termine tout juste ses études en finance à la célèbre Université de McGill à Montréal, il lance sa première entreprise qui remporte l’award de la meilleure solution internet en 1998. Un an plus tard, il déménage à Dubaï et créé l’une des premières agence digitales des EAU. Le début d’une longue série de succès et de créations d’entreprise qui perdure depuis des années. Nous l’avons rencontré pour parler avec lui des services qu’il propose à ses clients mais surtout des défis de la cybersécurité aujourd’hui pour les entreprises.

 

Qu’est-ce qui t’a amené à créer une entreprise dans la cybersécurité?

Nous avions l’intuition qu’il n’y avait pas beaucoup de compagnies de technologie régionales dans l’espace de la cybersécurité. Et quand nous avons commencé nos recherches de marché, nous avons réalisé que notre technologie n’était pas seulement unique dans la région, mais qu’elle était aussi efficace dans le monde entier. Cela a fait l’effet d’un catalyseur pour nous pousser à lever des fonds et nous développer sur le marché global.

 

Dans quels domaines se trouvent les entreprises que vous accompagnez?

Nous travaillons à la fois avec des institutions publiques et privées, internationales et régionales, et nous couvrons un large spectre d’industries comme les télécoms, la finance, la santé, l’automobile mais aussi les entreprises de technologie.

 

Pourquoi vos clients font-ils appel à vous?

Être le premier sur le marché est le but de beaucoup d’organisations étant donné le paysage de compétitivité actuel. Et alors que les transformations digitales rapides ouvrent de nouvelles opportunités de croissance, les systèmes complexes entremêlés fournissent un climat propice aux failles de sécurité.

 

Quels sont les services que vous leur proposez?

Comme le dit ce vieil adage militaire, la meilleure défense est une bonne attaque, donc utiliser notre technologie propriétaire, nous nous concentrons sur la simulation des cyber-attaques les plus avancées afin d’aider les organisations dans leur capacité de défense.

 

À quoi cela ressemble concrètement?

Le simulations traditionnelles impliquent de tirer profit des compétences de chercheurs en sécurité et des hackers. Nous sommes parvenus à cela en construisant des machines technologique qui renforcent les capacités de nos hackers humains, d’une manière à les transformer en “super-hackers”. Le résultat est que nous avons réussi à réaliser des simulations à très fort impact. Ce qui a été validé par des découvertes internationales que nous avons souligné à travers un certain nombre de déclaration publique sur CNN, TechCrunch, Forbes, Vice ou encore Mashable…

 

 

Quels sont les principaux défis des entreprises que vous accompagnez en termes de cybersécurité?

Nous voyons beaucoup d’entreprises qui s’intéressent à la cybersécurité quand il est trop tard, lorsqu’elles ont subi une attaque et donc leur approche est plutôt réactive que proactive. Au bout du compte, les organisations finissent par observer toutes les formes de risques, qu’ils soient financiers ou physiques, et le risque internet est aussi une des facettes qui attirent aussi l’attention. Le cyber n’est pas une pensée après coup, elle doit être intégré à tous les niveaux au du business.

 

Quels sont les obstacles auxquels vous avez dû faire face dans votre business?

Il y a une expression répandue en cybersécurité selon laquelle on trouverait deux types d’organisations: celles qui se font hacker et le savent, et celles qui l’ignorent. Un défi auquel nous faisons souvent face est lorsque certaines des entreprises que nous accompagnons ne prennent pas la mesure du cyber risque qu’elles encourent et finissent par mettre en péril leur réputation ainsi que les informations sensibles des clients qui leur ont fait confiance.

 

En quoi la cybersécurité est clé aujourd’hui ?

Tout est digital maintenant, et les cyber menaces ne sont pas seulement plus sophistiquées qu’avant, elles se sont aussi démocratisées dans le sens où aujourd’hui tout le monde peut avoir accès à des outils open sources qui permettent de devenir hacker pour seulement 200$. Ce n’est plus seulement le domaine des états nation ou des syndicats du cybercrime. Donc les compagnies doivent plus que jamais se protéger du vol IP, de fuites de données, de pertes financières ou des dommages sur leur réputation.

 

Vous avez levé 500000$. Quels sont vos projets avec cet argent?

Nous sommes sur le point de finaliser la production de notre technologie internet pour l’offrir comme un service aux entreprises auquel elles pourraient accéder sous la forme d’un abonnement. Cette opportunité nous permet aussi de nous ouvrir au marché international.