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Tareq Hadhad, le réfugié syrien à la tête d’un empire du chocolat

Après que la guerre en Syrie bouleverse le quotidien de Tareq Hadhad et de sa famille, la chance leur sourit quelque temps après suite à une opportunité saisie par le jeune homme : une candidature envoyée à l’Ambassade du Canada change leur vie. S’ensuit la découverte d’un nouveau pays et une nouvelle chance grâce à laquelle la famille renoue avec sa passion et sa profession d’origine : la production de chocolat.

Une opportunité inespérée

La chocolaterie familiale Hadhad, lancée en 1986 et basée à Damas, fit les frais de la violente guerre syrienne : elle fut bombardée et détruite en 2012. Après avoir perdu leur commerce et leur maison, les Hadhad furent contraints de regagner le Liban, pays limitrophe de la Syrie.

Bien que performante, prospère et exportant déjà à l’international, l’entreprise fut abandonnée et les 3 années au Liban furent dédiées à l’installation et au nouveau départ de la famille. Ce renouveau arriva rapidement après grâce à l’ambition de Tareq, le fils aîné alors étudiant en médecine, et peut-être plus encore grâce au destin. En effet, après une demande de bourse d’études envoyée à l’Ambassade canadienne du Liban, qui fut refusée, l’étudiant fut tout de même accepté et transféré au Canada en décembre 2015, via le système de parrainage de réfugiés d’un programme communautaire.

« Quand je regarde en arrière, c’était comme mourir et avoir une autre chance de vivre. » confia-t-il des années plus tard à propos de cette chance inespérée.

 

 

Tareq fut accueilli à bras ouverts par les habitants de la ville d’Antigonish en Nouvelle-Écosse, qui l’avaient parrainé. La famille Hadhad ne tarda pas à le rejoindre et à partir de là, Tareq se fit une mission de reconstruire l’empire familial, qui avait été réduit à néant par la guerre, abandonnant ses études de médecine.

Leurs débuts furent modestes mais à force de courage et de persévérance, ils purent finalement ouvrir une boutique à Halifax puis bâtir un réel empire. Leur slogan emprunt de sens, était tout trouvé : Peace by Chocolate. Un bel hommage à leur parcours et leur vécu.

Une détermination inspirante

Le succès et l’histoire des Hadhad et de Tareq fut rapidement relayé et attira l’attention de personnalités telles que Justin Trudeau, le premier Ministre Canadien qui relaya leur récit à la télévision nationale à l’occasion du Sommet des Leaders sur les Réfugiés en Juillet 2019 devant notamment Barack Obama, Emmanuel Macron, les membres du G7 et du G20 ! Rien que ça !

Cette couverture médiatique très importante profita à leur succès déjà florissant. A cet égard, Tareq fut invité à de nombreux événements et anima plusieurs Ted Talks et autres conférences, pour partager sa passion, mais aussi sa détermination. Il obtint la nationalité canadienne en 2019, et le Prix national de l’entrepreneuriat pour son impact positif en tant que nouveau Canadien l’année suivante.

Depuis le début de leur activité au Canada, les Hadhad se sont efforcés de suivre deux axes principaux : tout d’abord le respect et la célébration de leur culture syrienne, qu’ils intègrent volontiers à leurs recettes, où le sirop d’érable typiquement canadien, se mêlent allégrement à la pistache ou autre fruits secs emblématiques du Moyen Orient. Le second est celui du don et du partage : en effet, rendre à la communauté qui les a accueilli est un autre ingrédient essentiel du commerce familial.

Le film Peace by Chocolate, présenté au Tribeca Film Festival en 2021 raconte l’histoire de cette famille syrienne symbole de résilience et d’espoir après avoir tout perdu.