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Sport : l’année où tout a changé en Arabie saoudite

Tribune - Nada Abualnaja
Nada Abualnaja

Nada Abualnaja

J'ai commencé à jouer au squash dans un club local à Djeddah en 2008 dans l’optique de perdre du poids. Ce sport m’avait été recommandé par mon coach personnel de l’époque - Mme Sahar Tehrani - pour améliorer ma cardio. J'ai commencé ensuite à jouer avec un groupe de "squacheuses" dans le même club, mais sans véritable entraînement, car il n'y avait pas d'entraîneurs disponibles à cette époque. Notre technique était mauvaise mais nous appréciions tout de même nos parties.

En 2012, je suis partie à Grenoble, dans le Sud-Est de la France, pour un master en marketing. J’y ai rencontré d’excellents joueurs et entraîneurs de squash. J’ai donc décidé d’apprendre, avec eux, les bonnes techniques et mouvements. Mon passage en France a beaucoup amélioré mon niveau, mais à mon retour en Arabie saoudite, en 2014, je n’ai pas trouvé d’entraineur pour poursuivre mon apprentissage. J’ai donc continué à pratiquer le squash en solo durant quatre années.

Le sport, essentiel au quotidien

Si vous aimez un sport, vous devez savoir qu’il faut des heures de travail acharné pour être bon. Vous n’obtiendrez jamais de titres facilement. Travailler très dur pour ce que vous aimez et vos efforts paieront un jour.

De mon expérience, j’ai trouvé que le squash me donnait la motivation dont j’avais besoin pour continuer à aller à la gym. Il y a toujours des aspects du jeu à améliorer, que ce soit en force, en endurance ou en agilité. L’entraînement n’est, du coup, jamais ennuyeux. À la différence des personnes motivées par l’apparence physique, le fait de choisir son sport de prédilection – que ce soit le squash ou tout autre sport – permet de rester concentré sur ses objectifs.

Je crois que la pratique du sport est essentielle pour une femme. Cela lui permet d’être saine de corps et d’esprit. Être une athlète active renforce la confiance en soi et inspire un style de vie discipliné.

Il faut que les jeunes intègrent le sport à leur routine quotidienne. Cela les placera dans les meilleures conditions de santé et les aidera à surmonter les obstacles de la vie plus tard. Cela m’attriste de voir des enfants obèses incapables de courir avec leurs pairs à cause d’un excès de poids et d’un mode de vie malsain.

Nada Abualnaja

2017, année charnière pour le sport

2017 a été une année où des décisions historiques ont été prises en Arabie Saoudite. Nous assistons à des réformes et des changements majeurs manifestés dans les récents décrets royaux. Pour la première fois cette année, des familles ont pu assister à des matches de football dans les stades. L’image des femmes saoudiennes dans le sport (du crossfit, du karaté, de la boxe, du cyclisme) est très positive. Nous nous sentons plus responsabilisées que jamais. Le ciel est notre seule limite dorénavant.

La prochaine étape consisterait à inclure officiellement l’éducation physique dans le programme scolaire, comme discipline essentielle, en accordant des parrainages aux joueurs talentueux dans les divers domaines sportifs.

J’ai eu la chance de participer au Masters féminin de l’Association professionnelle de sqash (PSA). Être choisie comme wildcard et avoir la chance de rencontrer les 32 meilleurs joueuses du monde fut une expérience magnifique. Le tournoi organisé à Riyad, où j’ai pu jouer avec Camille Serme, m’a donné envie d’améliorer mon jeu et de participer à plus de compétitions à l’avenir. Nous sommes très confiants et nous espérons que plus d’événements majeurs et de tournois auront lieu dans notre pays pour les hommes, comme pour les femmes.

Son Altesse, la princesse Reema Bint Bandar, avec le Président du PSA, M. Ziad al Turki, a rendu ce tournoi possible. Pour la première fois, un événement entièrement féminin de cette envergure a eu lieu dans la capitale saoudienne. Maintenant, nous ne pouvons que nous attendre à des tournois plus passionnants dans notre pays.