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Ula bin Himd : « On travaille avec le coeur »

La France compte environ 297 000 médecins sur son territoire, dont un contingent d’environ 28 000 étrangers. Plusieurs sont sur le front de la lutte contre le coronavirus. Parmi eux : Ula bin Himd. A 35 ans, cette interne saoudienne en chirurgie plastique et maxillo-faciale à l’Hôpital Necker-Enfants malade à Paris est mobilisée aux côtés de ses confrères français pour l’accueil et en prise en charge des malades. Elle raconte son quotidien…

Quel impact la crise sanitaire actuelle a-t-elle sur vous, en tant qu’interne en chirurgie plastique ?

Le plan blanc a été déclenché le vendredi 6 mars 2020 dans les hôpitaux des régions les plus touchées à mesure qu’avance l’épidémie. Il s’est élargi à tous les hôpitaux de France le 13 mars traduisant une nécessité absolue face à la pandémie de coronavirus. Donc, les internes en chirurgie par exemple peuvent se trouver à faire le travail d’un médecin anesthésiste, celui d’une infirmière ou d’un aide soignant ou de faire des activités différentes de leurs activités habituelles.

Quelle est la situation actuelle dans votre hôpital ?

Les recommandations à l’hôpital ont évolué en fonction des données de la science et des observations de terrain. Les programmes de bloc opératoire ont été annulés jusqu’au 10 mai pour faire face à l’afflux des patients atteints par le nouveau coronavirus. Concernant les consultations, des points ont été faits pour trier les patients: ceux qui doivent être absolument vus, ceux pour lesquels une consultation peut être envisagée et reportée dans quelques mois, et ceux qui peuvent attendre sans préjudice.

Etes-vous équipés pour faire face à l’afflux de patients ?

Au début de la crise, les masques chirurgicaux ont disparu, puis on a commencé à en avoir au fur et à mesure. On avait un nombre limité de masques et de gels hydro-alcooliques et on était quand même bien protégés par des masques FFP2, des lunettes de protection, des casaques, des gants lorsqu’on est en contact direct avec des patients Covid-19 suspects Covid-19 positifs.

Avez-vous remarqué une amélioration de la situation sanitaire?

La situation a été tendue pendant les deuxième et troisième semaines de confinement avec une activité en augmentation à Necker le 6 avril avec 56 patients hospitalisés dont 40 en secteur adulte et 16 en pédiatrie. 26 patients ont été hospitalisés en réanimation médico-chirurgicale avec deux cas de décès. Mais la situation s’améliore doucement avec un recul des admissions en réanimation et plus de sorties.

Comment gérez-vous personnellement cette crise ?

La situation n’est pas très facile mais une fois bien protégés, on travaille sans hésitation, on travaille avec le cœur car finalement notre but c’est de bien soigner et soulager les patients et les aider à sortir de cette phase difficile.

En tant que citoyenne saoudienne en France, avez-vous envisagé un rapatriement en Arabie saoudite ?

Le Bureau culturel de l’Arabie saoudite avec l’ambassade et le consulat ont été en contact direct avec les ressortissants saoudiens en France et spécifiquement avec les médecins saoudiens. En tant que médecins saoudiens, ils nous a encouragés à rester travailler et aider nos collègues français face à cette crise sanitaire et économique, ce qui reflète la relation d’amitié franco-saoudienne et confirme que les médecins saoudiens en formation de spécialité au sein des hôpitaux français sont traités exactement comme les médecins français.