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Abdulrahman Gazzaz : « L’art permet à notre société d’évoluer d’une façon positive »

Yalla!

Abdulrahman Gazzaz est un jeune architecte résidant à Djeddah. Il y a 2 ans, il a créé Bricklab avec son frère, aujourd’hui leurs travaux sont visibles dans tout le golf et à Barcelone.

Après avoir étudié pendant près de 10 ans au Canada et en Angleterre, Abdulrahman Gazzaz retourne s’installer à Djeddah où il co-fonde avec son frère le cabinet d’architecture et de design Bricklab.

Ils ont participé au design d’un restaurant, d’un magasin et de bureaux… leurs travaux s’exportent dans toute la région du golfe. Récemment, ils ont été choisis par Barcelona Design pour participer à un projet célébrant la créativité arabe.

Lors de la dernière biennale de Lyon, Abdulrahman Gazzaz faisait partie de la délégation d’artistes saoudiens. Nous lui avons posé quelques questions à cette occasion.

Comment décrirais-tu la scène artistique de Djeddah ?

Abdulrahman Gazzaz : Je dirais qu’elle est très dynamique, elle a beaucoup évolué au cours des dix dernières années. Elle est de plus en plus riche, et les gens reconnaissent davantage le rôle de l’art dans notre culture. Je pense que l’art permet à notre société d’évoluer d’une façon très positive.

Qu’est ce qui fait que Djeddah est aujourd’hui la capitale artistique du pays ?

Abdulrahman Gazzaz : Je pense que Djeddah est très riche culturellement. Les étrangers viennent en pèlerinage à Médine et à la Mecque. Ces gens restent dans la ville, ce qui fait que toutes ces idées et visions du monde se mélangent entre elles. C’est là que la créativité trouve sa source je pense, d’une façon très différente qu’à Riyad.

Si tu devais choisir un artiste qui t’inspire particulièrement ?

Abdulrahman Gazzaz : Il y en a beaucoup ! Mais je pense que si je devais choisir un architecte ou un artiste qui m’a énormément inspiré, ce serait Etienne-Louis Boullée. C’est un architecte visionnaire du 17-18e siècle. Il imaginait toujours des projets qui étaient hors de portée de la technologie à son époque.

Je trouve ça fascinant, de créer cette sorte d’utopie dans le monde de l’architecture et des arts.

Quelles sont les opportunités pour un jeune artiste aujourd’hui à Djeddah ?

Abdulrahman Gazzaz : Je crois qu’il y en a beaucoup, parce que justement la ville est devenue très progressiste et que les gens ont envie que de nouvelles choses se mettent en place.   Les performances artistiques par exemple, c’était des choses qu’on ne voyait pas avant, et aujourd’hui il y en a de plus en plus. L’art numérique, l’art conceptuel… les gens ont vraiment envie de découvrir et de profiter de toutes ces choses.

Comment penses-tu que Djeddah va évoluer dans les 10 prochaines années ?

Abdulrahman Gazzaz : Je pense que ça va beaucoup changer. Par exemple, l’Autorité du divertissement est en train d’inviter beaucoup d’artistes de l’extérieur, et elle pousse de plus en plus les artistes locaux à s’exposer en dehors de la ville. Il y a aussi une explosion des écoles d’art, de manières d’apprendre, donc je pense qu’on peut s’attendre à ce que les choses évoluent dans le bon sens pour le monde de l’art.