Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

Ahmed Mater : « L’art est une force de changement »

Yalla!

Ahmed Mater est une des figures emblématiques de la nouvelle génération d’artistes contemporains saoudiens. Cette semaine, il est à Paris en tant que commissaire de l’exposition « Route de l’encens » et directeur du Misk Art Institute, organisateur de l’exposition.

A 38 ans, Ahmed Mater partage son temps entre sa carrière d’artiste et l’hôpital, où il exerce en tant que médecin. Cette double vie s’incarne dans une oeuvre qui interroge la science et la foi, et explore leurs liens autant que leurs contradictions. Avec le Saoudien Abdulnasser Gharem et l’Anglais Stephen Stapleton, il est le co-fondateur de Edge of Arabia, un collectif de promotion de l’art contemporain arabe. S’exprimant au moyen de la photographie, de la vidéo, ou encore la sculpture, il est aujourd’hui considéré comme un des piliers de l’art contemporain en Arabie saoudite, où il vit et réside.

Pourquoi avoir choisi Paris ?

Ahmed Mater : La question n’est pas seulement de savoir pourquoi Paris, mais pourquoi nous avons décidé de sortir, de traverser les frontières géographiques. L’objectif c’est de créer une nouvelle idée de la collaboration et de l’échange culturel. Notre vision, c’est celle d’un art qui voyage, qui bouge, qui se partage.

Quel lien entre art et société ?

Ahmed Mater : L’art ne peut pas être isolé de la société.  L’art est un besoin primaire de l’homme, si je peux dire c’est quelque chose de très important. L’art est un élément très important d’une société,  car l’art est une force de changement. Le pouvoir de l’imagination c’est vraiment le pouvoir du changement.

Que dire de la scène artistique contemporaine saoudienne ?

Ahmed Mater : Il y a une grande énergie en Arabie saoudite en ce moment. De grands changements sont à l’oeuvre dans le pays, il y a de nombreux artistes et leur art est très courageux. C’est ça, un mouvement d’artistes courageux.

Aujourd’hui nous sommes à l’UNESCO, avec trente artistes du MiSK Art Institute, qui est soutenu par la Fondation MiSK,  une organisation à but non lucratif qui soutient les jeunes artistes, elle soutient également la culture et l’éducation,  Vous voyez bien, c’est un grand mouvement.

Parlez-nous d’un(e) artiste qui expose aujourd’hui ?

Ahmed Mater :  Je vais vous parler de Nojoud Al Soudairi. Elle travaille le textile, en utilisant une tente qu’on appelle Al Sadu. Et elle propose une très belle vision architecturale, avec cette idée que les villes sont mouvantes. Avec ses motifs, sa compréhension de l’architecture et de l’art, elle crée des pièces magnifiques.