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Haifaa Al Mansour, pionnière du cinéma saoudien

Yalla!

Haifaa Al Mansour est la première saoudienne à avoir réalisé et tourné un film de fiction dans son pays, Wadjda, salué par la critique internationale.

Haifaa Al Mansour a grandi dans une petite ville à l’est de la capitale, au sein d’une famille nombreuse (elle est la huitième d’une famille de douze enfants). Ses parents sont très croyants, mais prêts à donner à tous leurs enfants, garçons et filles, les mêmes chances de s’épanouir dans leur voie.

En 2000, après avoir étudié la littérature comparée et obtenu une licence d’art à l’université américaine du Caire, Haifaa revient en Arabie saoudite et commence à travailler pour une grande compagnie pétrolière. Elle y enseigne l’anglais et le français, mais apprend également à manier la caméra. Elle commence par réaliser des courts-métrages, puis un documentaire en 2006, Femmes sans ombre, présenté dans 17 pays et sélectionné au Festival du cinéma d’Abou Dabi.

J’espère que mon parcours donnera du courage aux jeunes Saoudiens pour aller au bout de leurs aspirations artistiques

Wajdja : le signe d’un pays qui bouge

C’est en 2013 qu’elle est révélée au grand public, avec son premier long métrage, Wadjda, pour lequel elle obtient des prix dans 9 festivals internationaux (pour 17 nominations). Le film met en scène une fillette vivant dans la banlieue de Riyad, et dont le rêve est de faire du vélo. Redoutant la réaction d’une société connue pour son conservatisme, sa mère le lui défend. Décidée à braver les interdits, Wadjda s’inscrit à un concours sur le Coran afin de gagner de quoi s’offrir le vélo de ses rêves.

Extrait du film Wadjda
Extrait du film Wadjda
Il y a des milliers de petites Wadjda en Arabie saoudite prêtes à se battre pour leur rêve

Ce film, qui s’attaque aux tabous et met en scène les restrictions imposées aux saoudiennes, a nourri la polémique en Arabie saoudite. Pourtant Haifaa ne se présente pas comme une rebelle, son objectif est de peindre la vie quotidienne d’une société en mouvement, prise entre tradition et ouverture au monde, dans toute sa complexité.

Un nouveau film pour 2018

Après le succès international de Wadjda, Haïfaa Al Mansour a porté son regard vers Hollywood. Son prochain film, dont la sortie est annoncée en France en 2018, raconte l’histoire d’amour entre Percy Shelley et la jeune Mary Wollstonecraft, jeune femme passionnée alors âgée de 17 ans, et l’auteure à 18 ans du célèbre Frankenstein.

Le pays commence à s’ouvrir, lentement. Les mentalités peuvent changer. La preuve : j’ai tourné Wadjda avec l’aval des autorités.

Par son parcours et ses films, Haïfaa Al Mansour envoie un message clair : rien n’arrête les jeunes femmes passionnées.

Il y a beaucoup de jeunes filles pleines d’allant et de potentiel qui, demain, seront appelées à jouer un rôle de premier plan dans le royaume.