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Karim Maatoug : « On assiste à un changement de logiciel mental »

Yalla!

Karim Maatoug est attaché culturel au consulat de Djeddah. Passionné d’art, il s’attache à faire rayonner les créations saoudiennes jusqu’en France, en coopération avec le Saudi Art Council et la fondation MiSK.

Karim Maatoug réside depuis deux ans à Djeddah où il est attaché culturel au consulat général de France. Son but est « de collaborer au maximum [avec les Saoudiens] pour faire connaître aux professionnels français la scène artistique saoudienne ».

Cette année, il a participé à l’organisation de la venue d’artistes saoudiens à la Biennale de Lyon. Cela a permis à trois artistes saoudiens de découvrir une des plus grandes manifestations d’art contemporain française mais aussi de faire découvrir aux professionnels français des artistes saoudiens. Alors qu’il accompagnait cette délégation, Karim Maatoug a répondu à nos questions.

Pouvez-vous nous décrire la scène artistique de Djeddah ?

Karim Maatoug : On s’est rendu compte qu’en Arabie saoudite, spécialement à Djeddah mais pas seulement, il y a une scène artistique qui est très riche, surtout dans le domaine des arts visuels et arts plastiques, mais aussi en musique, en cinéma, en littérature. Alors qu’on a des idées un peu fermées sur le pays, comme quoi c’est un pays où il y a beaucoup d’interdictions, que l’art n’existe pas, ce n’est pas vrai. On se rend compte sur place que des artistes existent depuis toujours, ont toujours existé, il y a des ateliers, il y a des galeries.

Quels projets culturels vont acter les changements en Arabie saoudite ?

Karim Maatoug : Nous travaillons sur deux grands projets avec le Saudi Art Council et la fondation MiSK, la fondation qui a été créé par le prince héritier Mohammed ben Salmane il y a un an, qui est un projet d’avenir, la Vision 2030 sur le royaume d’Arabie saoudite, une grande ouverture sur la culture, sur l’éducation qui sont les points forts de cette fondation, et nous essayons, nous le service de coopération de l’ambassade, de les accompagner dans ces changements.

L’Arabie Saoudite a beaucoup changé ces 10 dernières années, quels changements avez-vous pu observer ?

Karim Maatoug : Le changement est plutôt social si j’ose dire c’est à dire c’est un changement social, un changement pas de manière de vivre, mais un changement de logiciel mental parce qu’on est dans une phase historique due aux difficultés économiques ,due à ce qui se passe autour dans la région et dans le monde et à une nouvelle génération qui peut-être n’aura pas les mêmes acquis que les parents.