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Mohamed Zaza :
« L’Arabie saoudite reste un pays mystérieux pour les étrangers »

Mohamed Zaza Yalla!

Mohamed Zaza

Nous avons profité de la Biennale d’art contemporain de Lyon pour rencontrer l’artiste saoudien Mohamed Zaza, à la galerie « La BF 15 ». D’après lui, l’art saoudien est fascinant pour sa modernité et pour ce qu’il révèle d’une culture encore largement méconnue. Aujourd’hui, il se dévoile.

Né à Riyad en 1984, Mohamed Zaza a grandi dans une famille d’artistes d’origine syrienne. Il apprend le dessin et la peinture dès son plus jeune âge. En 2006, il quitte l’Arabie saoudite pour la Syrie où il étudie à l’école des beaux-arts d’Alep. Passionné de peinture, particulièrement attiré par les très grands formats, il réalise également des illustrations et des vidéos d’animation.

Solo II Istanbul. Acrylic on canvas, 150 x 170 cm, 2016
Solo II Istanbul. Acrylic on canvas, 150 x 170 cm, 2016

Quelles sont les différences entre Riyad et Djeddah ?

Mohamed Zaza : Riyad est une ville nouvelle, contrairement à Djeddah qui a un riche patrimoine historique. Grâce à son port, Djeddah a toujours été au carrefour des cultures et des peuples. La mentalité de ses habitants est différente : les gens sont moins ouverts d’esprit à Riyad, peut-être à cause de la situation géographique de la ville, plus éloignée des centres économiques et culturels.

Pouvez-vous nous décrire la vie culturelle à Djeddah ?

Mohamed Zaza : Les gens à Djeddah sont plus progressistes qu’à Riyad, même sur le plan religieux. Djeddah a un passé culturel très riche, on y trouve beaucoup de galeries, des cours d’art … Mais je pense qu’il n’y a pas vraiment de capitale culturelle en Arabie saoudite, d’une part parce qu’il n’existe aucune formation artistique supérieure, d’autre part parce qu’il n’existe pas de réelle culture de l’art : toutes les initiatives artistiques sont récentes, et les deux villes ont encore besoin de temps pour étoffer leur offre culturelle.

Quels sont les sujets de prédilection des Saoudiens ?

Mohamed Zaza : Je pense que la plupart des artistes saoudiens essayent de montrer la réalité du pays pays et de ses habitants. Comme l’Arabie saoudite reste un pays mystérieux pour beaucoup d’étrangers, l’art saoudien les fascine pour ce qu’il montre : de la nouveauté aussi bien qu’une culture longtemps restée cachée.

The View. Acrylic on canvas, 200 x 250 cm, 2016
The View. Acrylic on canvas, 200 x 250 cm, 2016

Comment avez-vous trouvé la Biennale de Lyon ?

Mohamed Zaza : En tant que peintre, j’ai n’ai jamais été très attiré par l’installation en tant que médium. Mais lors de cette Biennale, plusieurs oeuvres m’ont profondément touché. Elles étaient intenses et pleines d’émotion. Le cadre et la mise en scène des oeuvres étaient également très impressionnants dans tous les espaces d’exposition. Ma plus belle surprise a été la Fontaine Sonique II de Doug Aitken.