Cette mosquée de Dakar dont le minaret de 67 mètres évoque l’architecture marocaine

Le minaret carré s’élève majestueusement dans le ciel dakarois, ses carreaux verts et blancs scintillant sous le soleil de l’Afrique de l’Ouest. La Grande Mosquée de Dakar, souvent confondue avec d’autres édifices religieux, constitue l’un des plus remarquables témoignages de l’architecture islamique au Sénégal. Ce joyau architectural, culminant à 67 mètres de hauteur, raconte l’histoire fascinante d’une coopération nord-sud qui transcende les frontières géographiques du monde musulman.

Une histoire de fraternité maroco-sénégalaise

Inaugurée le 27 mars 1964, la Grande Mosquée de Dakar symbolise l’amitié profonde entre deux nations aux identités musulmanes distinctes. Le roi Hassan II du Maroc et le président sénégalais Léopold Sédar Senghor, chrétien respectueux de la diversité religieuse de son pays, présidèrent ensemble cette cérémonie historique. La première pierre avait été posée le 19 juin 1960, seulement deux mois après l’indépendance du Sénégal, faisant de cet édifice l’un des premiers grands projets nationaux du pays nouvellement souverain.

L’architecte français Gustave Collé conçut le monument sous la direction du souverain marocain, créant ainsi un pont architectural entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Le financement initial de 10 millions de francs CFA fut généreusement offert par le Khalife général des Mourides, Serigne Fallou Mbacké, illustrant l’importance des confréries soufies dans l’islam sénégalais.

Un chef-d’œuvre architectural entre deux mondes

Ce qui frappe immédiatement le visiteur, c’est l’esthétique résolument maroco-andalouse de l’édifice, rare en Afrique de l’Ouest. Sa silhouette évoque délibérément le Mausolée Mohammed V de Casablanca avec son toit bicolore en carrelage vert et blanc moulé à la marocaine. Les arcades orientales conduisent à une cour intérieure pavée de mosaïques qui s’ouvre vers le ciel, créant un dialogue permanent entre spiritualité et lumière naturelle.

À l’intérieur, les décorations finement ciselées témoignent d’un savoir-faire artisanal raffiné. Cette fusion des styles architecturaux illustre parfaitement comment les influences culturelles peuvent traverser les continents, à l’instar des colonnes bicolores que l’on retrouve dans certaines mosquées historiques d’Espagne.

Un centre spirituel et intellectuel rayonnant

Au-delà de sa fonction cultuelle, la Grande Mosquée abrite depuis 1974 l’Institut islamique de Dakar, établissement public placé sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale. Sa bibliothèque, inaugurée le 9 octobre 2004 et nommée d’après le prince saoudien Nayef ben Abdelaziz Al Saoud, constitue un pôle d’excellence pour l’étude et la préservation du savoir islamique en Afrique francophone.

L’édifice s’inscrit dans une riche tradition architecturale islamique sénégalaise, aujourd’hui complétée par d’autres monuments remarquables comme la mosquée Massalikul Jinaan, inaugurée en 2019. Cette dernière, avec ses dômes imposants, offre un contraste saisissant avec l’innovation architecturale de certaines mosquées contemporaines aux quatre coins du monde musulman.

Le 60e anniversaire : célébration d’un héritage vivant

Le 22 novembre 2024, la Grande Mosquée célébrera ses 60 ans en présence d’autorités sénégalaises et marocaines, rappelant la pérennité des liens spirituels et diplomatiques entre les deux nations. Cet anniversaire sera l’occasion de souligner l’importance croissante des mosquées comme centres communautaires et culturels, à l’image des structures traditionnelles à plusieurs niveaux que l’on retrouve à Java.

FAQ sur la Grande Mosquée de Dakar

Quand peut-on visiter la Grande Mosquée de Dakar?

La mosquée est ouverte aux non-musulmans en dehors des heures de prière, particulièrement en matinée. Une tenue respectueuse est exigée et il est conseillé d’être accompagné d’un guide local.

Quelle est la différence entre la Grande Mosquée et la mosquée Massalikul Jinaan?

La Grande Mosquée (1964) présente un style maroco-andalou avec un minaret de 67 mètres, tandis que Massalikul Jinaan (2019) est plus récente, plus vaste (30 000 fidèles) et arbore cinq minarets dont le plus haut atteint 78 mètres.

Pourquoi cette mosquée est-elle si importante pour les Sénégalais?

Au-delà de sa beauté architecturale, elle symbolise l’indépendance nationale, la coopération islamique internationale et l’harmonie religieuse caractéristique du Sénégal, pays musulman à 90% connu pour sa tolérance.

Karim Al-Mansour

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