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“Cities Under Quarantine : The Mailbox Project” : l’initiative qui rassemble les oeuvres créées durant le confinement par plus de 50 artistes du Moyen-Orient

Reflet du monde qui nous entoure, l’art documente les époques, et les problématiques personnelles, sociales, environnementales et politiques qui y sont liées. Mais comment les artistes peuvent-ils créer et transmettre alors qu’ils ont été, comme le reste du monde, isolés ? Abed Al Kadiri, artiste, directeur et  co-fondateur de la maison d’édition libanaise Dongola Limited Editions, questionne le pouvoir de la créativité à travers l’initiative “ Cities Under Quarantine : The Mailbox Project ” et fédère plus de 50 artistes originaires du Moyen-Orient. 

Encourager la connexion artistique pendant le confinement, c’est la mission que s’est donnée la maison d’édition Dongola Limited Editions basée à Beyrouth. Alors que le monde était à l’arrêt, Abed Al Kadiri a souhaité tendre la main à ses amis artistes dispersés dans différentes villes. Comment ? En envoyant à chacun d’entre eux un livre fait et cousu à la main, sur lequel l’artiste est libre de s’exprimer comme il le souhaite. Aucun paramètre artistique n’était requis. La seule consigne ? Créer. À la fin du projet, les travaux achevés seront ensuite compilés et publiés sous la forme d’un livre en édition limitée. 

 

L’occasion d’admirer le travail de quelques artistes saoudiens ayant pris part à l’initiative ! C’est le cas d’Ahmed Mater et Lulwah Al Homoud, tous deux confinés à Riyadh. Ancien médecin, Ahmed Mater, documente les réalités de l’Arabie Saoudite contemporaine à travers la sculpture, la vidéo et la photographie. Lulwah al Homoud, est quant à elle réputée pour ses oeuvres abstraites et complexes réalisées à partir des lettres arabes. Le projet compte aussi la participation de Faisal Samra. Né à Bahreïn, l’artiste de nationalité saoudienne est connu pour ses créations photographiques et vidéos dénonçant les manipulations des mass media et de la publicité. Des univers variés qui font la puissance de “ Cities Under Quarantine : The MailBox Project “. Zoom sur ce concept innovateur avec Abed Al Kadiri, artiste et co-fondateur de Dongola Limited Editions. 

Pourquoi avoir lancé un projet artistique lié au confinement ? 

Le lancement de ce projet n’a pas été fait de manière intentionnelle. L’idée est venue de façon organique, lorsque j’ai moi-même travaillé sur un livre d’artiste au début du confinement. J’ai constaté que c’était un excellent moyen d’affronter l’état d’isolement et la solitude. Au fil des jours, j’ai réalisé que ce support m’aidait à développer une nouvelle prise de conscience. Ce format, plus intime, favorise la concentration et m’a permis de repenser ma pratique. L’expérience a été frappante. C’est pourquoi j’ai voulu inviter mes amis artistes à partager la même dynamique. 

 

Faisal Samra

Quelles sont les choses que vous souhaitiez faire émerger ? 

Bien que le projet soit une réponse directe à la pandémie, ce n’était pas une condition préalable. Les artistes étaient libres de choisir n’importe quel sujet. Mais il faut admettre que la crise sanitaire actuelle est probablement l’événement le plus marquant de notre siècle. Je voulais donc que “ Cities Under Quarantine : The Mailbox Project ” documente la façon dont mes pairs, confinés dans différentes villes, interagissent avec l’actualité et ce contexte si étrange. Chez Dongola, nous sommes profondément convaincus de l’impact puissant que peut avoir le livre d’artiste. C’est pour nous, un support de communication concret, solide et profond. Cette initiative était l’occasion idéale de valoriser ce support, et à travers lui, les idées de l’artiste et sa technique. Le tout dans des circonstances difficiles. 

 

Comment les artistes ont-ils accueilli cette initiative ? 

Les premiers artistes à qui nous avons proposé le concept ont réagi de manière très enthousiaste. Cela nous a encouragé à en contacter beaucoup d’autres. Résultat, le projet s’est étendu, par la suite, à plus de 50 participants. Frappés par un sentiment d’aliénation au début du confinement, les artistes ont perçu le livre comme un objet humanisé et la preuve, que quelque part, la création artistique était attendue et toujours appréciée. Dans une période où l’art s’est développé de façon virtuelle, la matérialité du livre a redonné confiance en un monde tangible. 

 

“ Cities Under Quarantine : The MailBox Project ”
Dongola Limited Editions
www.dongola.com