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En Egypte, l’avenir est dans les nanotechnologies

C’est notamment le cas en Egypte où des chercheurs conduisent des travaux de pointe dans le secteur des nanotechnologies, apportant des réponses innovantes à des problématiques locales.

En avril dernier, l’Institut français du Caire présentait certaines de ces innovations en nanotechnologies, à travers une exposition initiée par Taina Cluzeau, journaliste française engagée dans un tour du monde éducatif où elle rencontre des scientifiques aux quatre coins du monde.

Un projet de renaissance scientifique nationale

En Egypte, le gouvernement actuel a récemment appuyé un programme d’investissement afin de développer la science du pays, et plus particulièrement le domaine des nanotechnologies. La constitution adoptée en 2014 rend désormais obligatoire l’allocation d’1% du PIB dans la recherche et le développement. Une nécessité pour rendre l’économie égyptienne plus compétitive et répondre aux besoins de l’industrie nationale, aujourd’hui aux mains des expertises étrangères.

Dans cette même logique, le projet d’une Université des Sciences et Technologies a été proposé il y a vingt ans par l’égyptien Ahmed Zewail, alors lauréat du prix Nobel de chimie. Finalement lancée après la révolution en 2011, par le gouvernement intermédiaire qui souhaitait développer une “économie de la connaissance”, cette ville des sciences est considérée comme une renaissance scientifique du monde arabe et musulman. “La ville des sciences de Zuweil doit coopérer avec les efforts gouvernementaux et non gouvernementaux dans le domaine scientifique afin de contribuer au développement de l’Egypte”. Peut-on lire dans la déclaration faite sur le site de l’école par son fondateur, Ahmed Zuweil.

En avril 2014, le Président Al-Sissi a d’ailleurs décidé d’allouer 200 hectares supplémentaires à son campus permanent situé à environ 32 km du centre du Caire. Une fois achevée, Zewail City comptera cinq branches : une université, des instituts de recherche, un parc technologique, une académie et un centre d’études stratégiques.

Des projets dans la médecine et les énergies renouvelables

La nanotechnologie, cette science qui consiste à manipuler les atomes et molécules à échelle nanométrique afin de modifier les propriétés physiques de la matière, est présente dans la composition de nombreux produits de dernière génération, tels que les raquettes de tennis ultra-légères, les panneaux photovoltaïques, ou encore les traitements contre le cancer. En Egypte, les scientifiques essaient d’en tirer profit au sein de domaines d’applications variés, allant des énergies renouvelables, à la santé, en passant par la sauvegarde du patrimoine ou la sécurité des données. Les progrès effectués grâce à la nanophotonique par les équipes de recherche égyptiennes du Centre pour la nanophotonique et les matériaux intelligents de l’Université de Zewail City (CPSM), ont déjà eu un impact direct sur le développement de solutions de réponse aux problématiques nationales.

“ Nous avons maintenant terminé 45 projets dans les secteurs de la médecine, des énergies renouvelables ou des télécommunications, explique Salah Obeyyah, directeur du centre de recherche photonique et des matériaux intelligents à l’université Zuweil. La mission de notre département est vraiment de continuer de développer la culture de la recherche en Egypte et d’inscrire l’université de Zewail sur la carte mondiale de la recherche, en publiant nos innovations dans des revues internationales et en répondant à des problématiques de société ”
Salah Obeyyah, directeur du centre de recherche photonique et des matériaux intelligents

Réduire la consommation d’énergie

Parmi les projets menés à bien par l’Université: la création de nanocapteurs sans fils qui permettent de tester la glycémie des patients diabétiques, nombreux en Egypte, sans que ces derniers n’aient à se piquer. Mais aussi l’économie d’énergie dans le transport des données qui pourraient représenter jusqu’à 51% de la consommation d’énergie mondiale en 2030. En modifiant la structure des fibres optiques avec des nanomatériaux, des chercheurs de l’Université ont découvert qu’il est possible d’encoder deux fois plus de données tout en réduisant la quantité d’énergie nécessaire. Une avancée cruciale dans un pays avec plus de 97 millions d’habitants comme l’égypte.