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En Tunisie, l’artiste Sadika Keskes vient au chevet de l’économie locale

Alors que l’économie tunisienne souffre des différents troubles politiques du pays, l’artiste engagée Sadika Keskes veut sortir du modèle économique traditionnel, et emploie des femmes comme couturières dans son nouvel atelier.

Quand elle n’est pas dans son atelier de création, elle réhabilite une usine de textile délaissée. Sadika Keskes est une artiste connue pour ses talents de souffleuse de verre en Tunisie, dont les œuvres sont exposées dans plusieurs musées et exportées dans le monde entier. Depuis plus de 30 ans, l’artiste travaille le verre dans l’atelier qu’elle a créé à Tunis, au bord de la mer, après des études aux Beaux-arts de Tunis et une formation à Murano, près de Venise. 

 

Ses créations de verre au style méditerranéen sont également vendues comme objets de décoration dans sa boutique tunisoise, dans le Centre de Réhabilitation des Métiers d’art (R.M.A.) qu’elle à créé en 1999 et qui héberge un atelier, une salle d’exposition et un espace culturel en plus de sa boutique.

Mais depuis quelques mois, Keskes s’est lancée dans un projet quelque peu différent : réinvestir une usine de textile abandonnée à Béjaoua, dans la banlieue de Tunis.

Faire vivre l’économie locale grâce aux talents des femmes

Cette initiative, Sadika Keskes a d’abord voulu la porter pour redonner du travail aux femmes couturières qui se sont retrouvées sans emploi lorsque les groupes industriels ont quitté la Tunisie après 2011. “Ils sont partis et ont jeté leurs employés. Ils ont jeté des millions de gens” déclare-t-elle au micro de TV5 Monde. 

Après avoir investi une usine abandonnée par l’un de ces grands groupes il y a 6 ans, qui avaient pignon sur rue en Tunisie, Sadika Keskes a embauché plusieurs femmes couturières que le chômage soudain avait laissées en grande difficulté. C’est ainsi que cette petite entreprise est née : Sadika dessine les pièces de couture et les couturières du village les confectionnent.

 


La créatrice veut avant tout adopter un modèle économique radicalement opposé à celui qui était d’usage jusqu’alors dans l’industrie du textile : faire travailler la main-d’œuvre locale dans la dignité, et dans le respect du commerce équitable. C’est d’ailleurs ce que confirme Fatma, l’une des couturières participant au projet après une période de chômage difficile : « C’est ce que nous les femmes, nous demandons : travailler dans la dignité. Si tu me permets de travailler dans le respect, je te donne ma vie.”