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EWC : Les entrepreneurs font leur coupe du monde

Charlotte Journo-Baur (CEO, Wishibam) wins the competition

Cette année à Viva Tech, les startups ne sont pas toutes cantonnées à pitcher sur leur stand à de potentiels investisseurs. Pour certaines, le rendez-vous représentait l’occasion de participer aux finales européennes de l’Entrepreneurship World Cup. Cet évènement, co-organisé par le Global Entrepreneurship Network (GEN) et la fondation MiSK, vise à proposer aux startups les ressources et outils dont elles ont besoin pour s'épanouir. Un accompagnement qui peut se traduire par de la formation, du mentoring, ainsi que par de nombreuses récompenses.

“C’est plus qu’une simple compétition de pitch”, revendiquent les organisateurs. “L’ EWC représente une véritable opportunité pour les créateurs d’entreprises d’intégrer un accélérateur virtuel”, explique Jonathan Ortmans, président du Global Entrepreneurship Network. ”Tous ceux qui décident d’entrer dans le concours sont en mesure d’apprendre quelque chose et de s’améliorer, même s’ils ne remportent pas de récompenses.” Pour l’heure, la compétition rassemble quelque 67 000 challengers issus de 170 pays, et les organisateurs espèrent atteindre la barre symbolique des 100 000 participants. Shaima Hamidaddin, directrice générale du Misk Global Forum, l’institution saoudienne qui organise l’événement, explique le choix d’utiliser le salon VivaTech comme plateforme pour ce rendez-vous : “Nous avons pris cette décision car nous croyons au mandat de VivaTech, qui consiste à créer des opportunités pour le futur, et à intégrer la jeunesse dans celles-ci”.

Shaima Hamidaddin. Directrice Générale, Misk Global Forum.

“Se comparer, se mesurer, s’inspirer”

Après une période de préparation pendant laquelle les participants ont affûté leurs compétences par le biais de sessions de formation virtuelles, le salon marquait l’entrée dans le vif du sujet. Chacun à son tour, un représentant d’une pépite est monté sur scène pour présenter son concept à un jury d’experts en 3 minutes. Les startups sont évaluées selon 4 critères : la créativité, le marché, la faisabilité, et l’équipe. Un exercice ardu, pour tenter de remporter un prix pouvant s’élever jusqu’à 50 000 €. Une belle somme, qui ne constitue toutefois pas la seule source de motivation pour les participants. Selon Thomas Estier, Co-fondateur de Rovenso, jeune pousse helvète qui commercialise un robot roulant patrouilleur utilisé dans la sécurité des sites industriels, “il est également important de pouvoir se comparer, se mesurer aux autres et de s’inspirer des différentes façons de faire autour du monde”. De fait, organisateurs et participants défendent à l’unisson le fait que les récompenses ne sont pas tout. Au contraire, les opportunités de networking, de partenariats et de mentoring sont tout aussi alléchantes pour les startuppeurs.

Thomas Estier, Rovenso

Gagnants d’un jour…

La finale française a vu s’imposer Charlotte Journo-Baur, fondatrice et PDG de Wishibam, une marketplace visant à réhumaniser le commerce en ligne, afin de réduire l’impact de l’e-commerce sur la société. La grande gagnante du jour a exulté à l’issue du concours et a confié ses différentes impressions sur l’évènement : ”C’est toujours hyper intéressant et enrichissant de rencontrer des gens, notamment des profils comme ceux des membres du jury, qui connaissent bien leur sujet et sont toujours de bon conseil. De plus, il est important de montrer ce qu’on fait et cela nous donne une super visibilité”. Récompensée à la fois par le prix du public, et par la première place du concours, la jeune dirigeante s’est dite très fière de ces prix, qui vont lui permettre d’investir davantage dans la tech, et “pressée d’aller représenter son équipe lors de la finale mondiale”.

Charlotte Journo-Baur (CEO, Wishibam) remporte le concours.

… Gagnants de toujours

Si la journée a récompensé plusieurs beaux projets, elle offre surtout aux 5 meilleures startups du jour un éventail de possibilités. D’abord, celle de se rendre à Riyad en novembre, pour tenter de remporter la finale mondiale du concours. Ensuite, celle de participer à différentes sessions de formation dans le cadre de l’EWC et de réseauter avec des investisseurs potentiels. Enfin, celle d’intégrer le Starters Club, un réseau mondial d’entrepreneurs, qui encourage les échanges, les partenariats, et le soutien entre pairs. Pour Jaime de Borbon, directeur de Plug and Play Smart Cities -une plateforme visant à soutenir l’innovation, notamment par le biais d’investissements dans l’écosystème startup- et membre du jury, ce type de compétition « est très important. Nous devons tous nous efforcer de promouvoir l’innovation à tous les niveaux, et cet événement réunit des acteurs -incubateurs, accélérateurs- de tous bords, qui pourraient être des concurrents, et les assoit autour d’une même table dans le but de promouvoir l’innovation ».

Jaime de Borbon, directeur de Plug and Play Smart Cities, membre du jury.